Luc. Tud. L. 111, c
?. Ibid. c. q.
LA MORALE CATHARE. 403
portage. Devant l'évêque de Léon et en présence du narrateur même de ces faits , il se laisse persuader de revenir à la vraie foi et il révèle tous les fils de l'intrigue l.
Transportez-vous ailleurs, en Languedoc, si vous voulez , au sein d'une sorte de champ clos où se sont donné rendez-vous des gens de tous les bords , sectaires et fidèles, bourgeois et seigneurs, nobles dames et religieux. C'est un tournoi, mais tournoi en paroles, une de ces conférences alors en vogue — solemnes disputationes — où catholiques et hérétiques se trouvaient aux prises. Du côté des premiers, vous remarquez un orateur qui défend avec une grande force de conviction la doctrine de l'Eglise. Mais bientôt son ardeur s'amortit, son argumentation devient moins puissante, il hésite, il balbutie, il se déclare vaincu. C'est que ce prétendu champion de la vraie foi n'était autre qu'un compère, chargé de faire le jeu du caiharisme et de lui assurer le gain de la journée 2.
Ce n'est pas que les hérétiques aient, à se dissimuler, un intérêt toujours égal : parfois ils tiendront la tête haute. Malgré cela, ils ont pour les ténèbres un goût inné ; organisés pour paraître et pour disparaître à volonté, ils semblent avoir tracé les voies à nos sectes modernes; comme elles, le catharisme constitue une association, publique quand il le faut, et néanmoins protégée parle secret. Il y a entre affiliés — on en sait quelque chose de nos temps — des signes de reconnaissance et de ralliement. Un simple mot. un geste suffit à manifester un initié; les maisons où demeurent les par-
1. Latibula et versutissimas calliditates detexit nobis. Ibid. c. 8.