‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 127 sur 203 · Luc. Tud. L. m, c · texte numérisé non relu

Luc. Tud. L. m, c

faits portent des marques convenues; l'œil seul d'un cathare pourra les discerner

Manifestement, le mensonge, chez ces sectaires, est compliqué du dol ; ajoutez-y, comme aggravation dernière, la détestable hypocrisie.

Les apologistes du catharisme empruntent à saint Bernard un texte qu'ils ont eu soin d'isoler. D'après ce texte, tout hérétique appartenant à la catégorie des consolés aurait pu dire, avec l'assurance d'un homme convaincu de sa propre vertu :

Le jour n'est pas plus pur que le fond démon cœur.

Justification téméraire, nous Talions voir.

Saint Bernard, dans deux sermons, qui, à vrai dire, n'en forment qu'un, s'étend sur les mœurs des cathares, il ne tarit pas sur leur astuce et leur perversité.

Mais le voici qui prend un autre ton : « Si, dit-il, vous interrogez leur foi, rien de plus chrétien ; si vous interrogez leurs mœurs, rien de plus exemplaire ».

Quoi donc ! le saint auteur, en modifiant son langage, aurait-il aussi changé d'opinion ? Ces hérétiques ne seraient plus les hommes dont il parlait tout à l'heure, des renards habiles à dissimuler leur piste ? Mais non ! impossible de s'y méprendre : saint Bernard inflige à l'hérétique un stigmate de révoltante hypocrisie, quand il ajoute tout aussitôt : « Cet homme, en preuve de sa foi, hante les églises, salue les prêtres, paie la dîme, se confesse, communie. Quoi de plus conforme à la vie d'un fidèle ? » Et, immédiatement après ces lignes accusatrices, l'écrivain, sans prendre haleine, et dans la même phrase, aurait donné à sa pensée, non pas un autre

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