‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 133 sur 203 · Ibid. p · texte numérisé non relu

Ibid. p

2. Voyez aussi, sur ces anathémes réciproques, un passage d'E tienne de Bourbon (p. 279). II parle d'un catholique, à lui connu, qui avait été confirmé dans la foi par le spectacle de ces divisions.

montaine ou italienne et la secie d'en deçà des monts

Et cependant, tous ces tronçons, malgré leurs symboles divergents, se trouvent ne faire qu'un lorsqu'il s'agit de ruiner la foi et de perdre les âmes — in perniciem animarum conspirabant *. Les vaudois n'étaient pas les moins ardents et les moins redoutables. C'est surtout sur le terrain social que les différences s'effacent et que les forces adverses se coalisent

Avant tout, il importe à ces sectes de démolir le grand obstacle à leurs desseins: l'institution divine, que saint Paul appelle la colonne et la forteresse de la vérité — columna et firmamentum. Les hérétiques ne laissent pas de se former quelque idée confuse et altérée de l'Eglise. Ils tiennent qu'il y a une société des âmes saintes remontant par les apôtres à Jésus-Christ. L'Eglise romaine n'y a point de place ; elle s'est elle-même exclue. Cathares et vaudois s'accordent assez généralement à placer la déchéance de cette Babylone nouvelle à l'époque de la dotation de Constantin, entendue avec les idées historiques alors en vogue Rome, en acceptant une principauté visible et des biens temporels , avait cessé de représenter la véritable Eglise. Il y a à cette déchéance un autie motif: tous les ministres, depuis le Pape jusqu'au dernier des clercs, sont pécheurs et, comme tels, privés de toute autorité. C'était, du reste, par une nécessité logique que les cathares répugnaient à l'idée d'une Eglise visible, munie d'organes, gouvernement parfait, investie d'attributions souveraines, armée d'un pouvoir législatif et judiciaire. Tout exercice du for extérieur, l'excommunication et les autres censures, la pénitence

1. D'après Etienne de Bourbon (p. 280), les vaudois du Milanais étaient partagés en dix-sept sectes, toutes hostiles les unes à l'égard des autres.

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