‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 134 sur 203 · Guil. de Puylaurens. Bouq. t. xix, p. ig · texte numérisé non relu

Guil. de Puylaurens. Bouq. t. xix, p. ig

LA MORALE CATHARE 42 I

canonique et les autres moyens disciplinaires, e'taient incompatibles avec l'idée d'une Eglise qui, pour fonctionner légitimement, devait faire abstraction des choses visibles et ne connaître que les âmes.

Si, sur son terrain propre, l'Eglise n'est plus qu'une autorité désarmée, il lui est interdit, à plus forte raison, de mettre en mouvement le glaive temporel. De là ces propositions : « Le Pape et les évêques sont homicides à cause des guerres. — Le Pape pèche mortellement en poussant à la guerre contre les Sarrazins et contre les hérétiques. Ceux qui lui obéissent pèchent de la même manière 1 ».

En si bonne veine de destructions, l'hérésie ne s'arrête pas. Méconnaissantl'autoritédivine del'Eglise, comment respectera-t-elle celle des puissances de la terre ? Elle a fait table rase du for ecclésiastique ; le for séculier y passera. Le principe d'autorité sera nié sur toute la ligne, dans la famille, dans l'État, comme il est nié dans l'Eglise.

Les sectaires ont cette maxime : Non est major altero in ecclesia — il n'y a pas d'homme dans l'Eglise supérieur à un autre 2. Et, par ce mot d'Eglise, ils entendent, ainsi qu'on le faisait au Moyen Age, l'Eglise dans son acception la plus large, la portion laïque de l'Eglise comme la milice cléricale, l'Eglise enseignée comme l'Eglise enseignante, le peuple chrétien tel qu'il est. Donc la doctrine de nivellement va s'étendre partout. Nivellement , au foyer domestique. Par l'anathème jeté à l'union des époux, les sectaires avaient anéanti la famille. La génération étant un principe réprouvé, abominable, comment saurait-elle, constituer un droit

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