‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 135 sur 203 · Rainier interpolé · texte numérisé non relu

Rainier interpolé

aux parents, des devoirs aux enfants ? En fait, et en égard à l'affreusepromiscuité introduiteparle catharisme, il n'y a plus de chef dans la famille, parce qu'iln'y aplus de père certain — ex incerto pâtre — dit un auteur du temps. D'ailleurs, le précepte d'honorer les parents remonte à la loi mosaïque, loi sans valeur, pernicieuse en tant qu'oeuvre du dieu mauvais. Ace précepte démodé, l'hérésie oppose triomphalement son principe : — non est major altero — il n'y a pas de supériorité. Ainsi la famille s'écroule, semblable à un édifice sapé dans sa base et dont on aurait arraché la clef de voûte.

Nivellement , dans l'Etat. La marée montante des erreurs sociales est condamnée à ne rien respecter des institutions les plus indispensables. Elle conteste la juridiction de l'Etat ou du for séculier, comme elle avait méconnu celle de l'Eglise. C'est, après tant d'autres destructions, faire un pacte avec le néant. Écoutez les vaudois : pour ces nihilistes des temps passés, aucun pouvoir ne reste debout: ce n'est pas seulement la puissance du glaive ou de haute justice qu'ils dénient à la société, mais l'exercice detoutejustice — omne judicium*. De leur côté, les cathares soutiennent des négations non moins radicales. C'est, disent-ils, pécher mortellement que de sévir, non pas — vous pourriez le croire - contre les hérétiques, mais contre les malfaiteurs, quels qu'ils soient 2. En termes plus abrégés, ils nient la puissance judiciaire et l'usage du glaive dans l'Etat 3. Et pour achever ce désarmement, ils refusent à la société le droit de légitime défense, même à l'endroit des ennemis du dehors 4. Il n'y a ni juste guerre, ni juste jugement : toute répression san-

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