‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 136 sur 203 · Negant ...judiciam sœculare · texte numérisé non relu

Negant ...judiciam sœculare

LA MORALE CATHARE. 423

glarste se confond avec l'homicide et toute pénalité non sanglante, étant la cause d'un mal, ne peut que relever du principe mauvais '.

Autre erreur antisociale, celle qui s'attaque à la propriété.

Les questions touchant à la propriété étaient agitées, au xme siècle, en sens très divers. Deux systèmes étaient en présence : la pauvreté volontaire, évangélique, embrassée par les ordres mendiants; la désappropriation obligatoire pour tous : c'était la théorie des novateurs.

La propriété individuelle était battue en brèche par les cathares. Ils l'appelaient une rouille de l'âme — rubigo animœ Avec leur habitude de tout exagérer, ils la condamnaient absolument. Qu'on ne vienne pas objecter que l'interdiction de posséder ne tombait que sur les parfaits, minorité dans la secte. Si, en fait, les simples croyants étaient livrés à tous leurs appétits, en droit, ils devaient rétablir l'ordre méconnu en se faisant hérétiquer, en s'assujettisant, par suite, à la vie des parfaits, en renonçant commeeux aux biens terrestres. Hors de ce but final, que tous les croyants étaient censés poursuivre, il n'y avait point de salut.

Les vaudois, ceux du moins d'en deçà des monts, tenaient pour le partage des biens. Ils prétendaient que de vrais successeurs des apôtres — et ils se donnaient pour tels — ne sauraient rien posséder en propre 2. Vous apercevez d'ici les conséquences. Des terres, des châteaux, des villes mêmes, entre les mains d'un petit nombre, constituent une inégalité que l'Evangile réprouve 3. Les cathares, dont les idées socialistes confinent

i. Cf. relativement à toutes ces propositions le ch. xm du liv. v de Moneta.

a. Moneta, p. 447.

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