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à celles des vaudois, tiennent un langage à peu près semblable : t Veux-tu, disent-ils au pauvre peuple, sortir de ton état misérable ? Viens à nous ; tu auras dans ce monde ta part de jouissance, et, dans l'autre, l'abondance de tout bien > Et si ces choses ne se murmurent encore que dans l'oreille, vous entendez, malgré tout, le grondement lointain d'un svstème de partage, connu dès lors sous le nom qu'on lui donne aujourd'hui : « Tels sectaires, dit Etienne de Bourbon, s'intitulent communistes en tant qu'ils réclament la mise en commun de tous les biens 2. »
On peut se demander comment, à la faveur de l'anarchie religieuse et au milieu des convulsions d'une guerre qui durera vingt années, de pareilles doctrines ne se traduiront pas en crise agraire et en revendications sociales. C'est qu'il faut aux mouvements de cette nature une cause définie et un objet palpable. Le xm* siècle, point culminant d'une époque prospère, n'offre aucun prétexte aux idées de liquidation sociale. On ne connait pas alors cet antagonisme des classes, cette opposition, par exemple, entre le prolétariat et la richesse qui fait le péril des temps présents, ni rien qui puisse être comparé à la situation de la malheureuse Irlande, opprimée, expropriée, décimée par la libérale Angleterre. Bien loin de là, un régime tutélaire, basé sur l'association, sur la justice commutative, ou, comme on parle aujourd'hui, sur la mutualité, sur la réciprocité des devoirs et des droits, a procuré, sans secousses et par degrés, l'avènement parallèle et paisible de tous à la propriété, à la liberté, au bien-être 3.