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43o CHAPITRE XI. — L'HÉRÉSIE.
montrer généreux. Continuellement en quête de mourants à hérétiquer, les parfaits les obsèdent afin de se faire remettre des titres de propriété, de l'argent, des denrées en nature. Quelles étaient dans ces profits la part de la communauté et la part personnelle du consolateur? C'est ce qu'il est difficile de démêler. Une chose plus certaine, c'est la rapacité des collecteurs à poursuivre leurs funèbres réquisitions. Ainsi, en 1245, deux de ces ministres ambulants sont appelés pour administrer un nommé Pierre Fournier qui se meurt. Mais les voilà qui se refusent à le consoler. Serait-ce que, par hasard, il garde auprès de lui une femme complice de ses désordres? Allons donc ! les purs dans la secte n'y regardent pas de si près. Ne les avez-vous pas vus, dans une circonstance analogue, se montrer très accommodants envers un hérétique assisté, non pas d'une, mais de deux concubines * ? La raison du refus est ailleurs : on ne s'est pas entendu sur le prix. Ces ministres du pseudo-sacrement demandent plus et le malade veut donner moins. Finalement, celui-ci les fait mettre à la porte , en les accompagnant de ses malédictions 2.
Plus répulsive avait été la conduite des parfaits à l'occasion du siège de Lavaur, en 12 10. Cette place passant pour imprenable, il fallait s'attendre à une lutte des plus meurtrières. « Il y avait dans la ville, écrit Guillaume de Puylaurens, un grand nombre d'hérétiques parfaits, non pas tant de ceux qui l'habitaient d'ordinaire, que de ceux qui étaient accourus même de pays lointains, dans l'espoir qu'un grand nombre de défenseurs étant frappés à mort, ils les recevraient dans la secte et emporteraient
1. Con/essiones. Ann. 1245- 1246. Biblioth. de Toulouse, n° 1 55, fol. 196.