‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 146 sur 203 · Interpolation au Ms. de Rainier · texte numérisé non relu

Interpolation au Ms. de Rainier

tiques, capables détenir tête aux théologiens les plus experts. C'est pourquoi Innocent IV, confiant à saint Pierre Martyr la charge d'inquisiteur, ajoutait à d'autres éloges : « Nous savons qu'il possède à fond la sagesse de ce monde, de manière à démontrer rationnellement l'inanité des enseignements hérétiques1 ». Un autre témoignage— il est du Frère Moneta — montre que la controverse demandait un esprit fort délié: « Si les objections, écrit le vaillant polémiste, paraissent à quelques-uns plus fortes que mes réponses, qu'ils ne s'en prennent pas à moi, mais à l'astucieux génie des sectaires 2 ». Pour former des missionnaires capables, l'hérésie avait ses écoles. On cite surtout celles de la haute Italie, fréquentées par des disciples de toute provenance 3. Mais la secte ne s'en contentait pas. Les cathares et vaudois. eux aussi, obéissaient à l'attraction, alors si puissante, des universités, et, souvent, l'écolier de Paris coudoyait, sur la pailleétendue au pied des chaires de philosophie de la rue du Fouarre, des hérétiques déguisés, venus, moins pour apprendre que pour étudier le côté faible de leurs adversaires ou exercer leur prosélytisme.

C'est ainsi que, multipliant leurs moyens d'action, ils étendaientleurs conquêtes. Nous avons déjà dit comment, sous prétexte de négoce, profession où ils excellaient, ils nouaient avec les riches bourgeois des relations dont leur recrutement profitait. Il est avéré, d'autre part, que, dès le commencement du xme siècle, ils avaient gagné à leur cause presque toute la noblesse du midi — barones terrœ provinciahs fere omnes *. Ce n'est pas que les

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