‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 150 sur 203 · Bouq. t. xix, p · texte numérisé non relu

Bouq. t. xix, p

PATIENCE DE l'ÉGLISE. 46 I

été arrosée du sang d'une victime volontaire : ce sang devait être le sien.

Pendant la période de dix ans que nous avons à traverser, le Pape conlie successivement la plénitude de ses pouvoirs à cinq religieux de l'Ordre de Cîteaux. En 1 198, ce sont les Frères Gui et Rénier: ce dernier est appelé parle Pontile « un homme selon notre cœur »'. Plus tard, en 1204, les Frères Pierre de Castelnau et Raoul, tous deux moines de Fontfroide, sontsubstitués aux premiers envoyés. Au cours delà même année, le Pape leur adjoint un homme de noble race, Arnauld, naguère abbé de Poblet en Catalogne, puis de Granselve dans le Toulousain, maintenant abbé de Cîteaux et chef d'Ordre, bientôt conducteur de la croisade, et sur la fin archevêque de Narbonne2.

Ces hommes de cœur appartiennent pourtant à cette contrée provençale, accusée par un de ses fils — nous l'entendions tout à l'heure — de ne produire « que ronces et épines ». C'est queCîteaux obéit à sa vieille habitude d'opérer des merveilles. Faire couler du rocher le vin et l'huile, couvrir, de moissons la lande inculte, c'est trop peu. La vraie merveille, c'est cette autre culture qui suscite du milieu de l'énervement général des caractères de héros.

Les instructions d'Innocent III à ses mandataires remplissent une longue et volumineuse correspondance. Elles peuvent se réduire à trois points :

Page 1