Gérard de Frachet. — Echard, 1. 1, p. 5j
i.Dum.... salutis monita seminantes, mendicarent ostiatim panem suum... etc. Bouq. t. xix, p. 10.
patience de l'église. 467 jeaux, à Pamiers, en d'autres lieux, encore. A Montréal, les missionnaires se recrutent d'éléments qui leur permettent d'étendre le cercle de leurs opérations. Le légat Arnauld Amalric, qui s'était rendu à Gîteaux pour présider le Chapitre général de son Ordre, revient accompagné de douze abbés, dont chacun conduit à sa suite un certain nombre de religieux. Moyennant ce renfort, la mission s'étend et s'organise : elle forme une petite armée avec ses bataillons et leurs chefs ; la besogne se partage : à chaque groupe est assigné un territoire et, avec ce territoire, un peuple à ramener au giron de l'Eglise. Ce peuple n'est pas toujours insensible.
Ne soyons pas trop sévère pour la classe populaire. Négligée par des pasteurs « qui dorment lorsqu'il faudrait veiller» scandalisée par ses clercs, entraînée par l'exemple des riches et des puissants, elle conserve malgré tout un vieux fonds catholique. N'allons pas toutefois le chercher à Béziers, ville contaminée depuis plusieurs générations, où le vicomte, où les consuls, où l'évêque même pactisent avec l'hérésie. C'est à tel point que Pierre de Castelnau, si courageux qu'il soit, n'a pas cru prudent de mettre le pied sur un terrain où l'on en veut à sa vie. Le reste de la troupe apostolique est entrée dans la ville. Elle combat les sectaires, mais sans obtenir d'autres résultats à ses efforts que d'encourager une poignée de fidèles. ACaraman, au contraire, les cœurs s'ouvrent etse donnent ; le peuple est prêt, sur un signe des prédicateurs, à chasser les hérétiques. Il l'eût fait si le seigneur du lieu ne les eût couverts de sa protection.
La conférence tenue à Pamiers a laissé plus de souvenirs. Du côté catholique, vous avez les légats, l'évêque d'Osma avec saint Dominique, Foulques récemment ins-
i. Dormientibus enim qui vigilare debuer.tnt. Bouq. t. xix.
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tallé sur le siège de Toulouse, Navarre évêque de Conserans et un certain nombre d'abbés. Du côté des vaudois et cathares, car ils font cause commune et argumentent les uns et les autres, vous remarquez les femmes de la maison de Foix. C'est alors qu'Esclarmonde, la sœur du comte Raymond-Roger, veut dire son mot dans la dispute et se fait imposer silence par le Frère Etienne — un Cistercien sans doute — qui se permet de la renvoyer à sa que nouille. Quant au comte de Foix, il a l'attitude neutre dusceptique, il la souligne, en hébergeant indifféremment et à tour de rôle les tenants des deux causes. Ici des noms aristocratiques figurent du côté de l'hérésie , tandis que le populaire et les pauvres surtout — popuhts castri et prœcipuè pauperes 1 — se serrent autour des défenseurs de la vérité. Disposition qui, malgré la mobilité méridionale, se montrera constante ; on la verra se soutenir au cours de la guerre des Albigeois.
Outre le'peuple, dont ils affermissaient les résolutions, les missionnaires firent quelques conquêtes dans les rangs même des hérétiques, celle de Durand de Huesca, qui devint le fondateur d'une congrégation dite des Pauvres catholiques, par opposition aux Pauvres de Lyon, et celle de maitre Arnaud de Campranh. Arnaud, ecclésiastique fort considéré, mais incliné vers la secte, avait été choisi comme arbitre de la conférence. Honorant les orateurs catholiques du plus irréfragable des témoignages, il abjura l'hérésie entre leurs mains, et se donna, lui et ce qu'il possédait — se et sua — à Pévêque d'Osma. Il déploya plus tard un grand zèle pour la cause de la foi, et on le voit figurer au nombre des i nquisiteurs.
Des unités se détachent ainsi du parti des sectaires.