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PATIENCE DK l'ÉGLISE. 47 I
de la sainte prédication, du seigneur Dominique, des Frères et des Sœurs établis à Prouille. Mais, avant l'éclosion de ce germe, obscur encore, comme tout ce qui doit grandir, la grâce méprisée de la mission vase tourner en châtiment. Le poète de la croisade le reconnaît : « Cette gent, dit-il, se soucie de la prédication comme d'une pomme pourrie. Cinq ans ou je ne sais combien, ils se conduisirent de la sorte : ils ne veulent point se convertir, ces égarés. Par suite de quoi, maints hommes ont été tués, mainte gent a péri et périraencore jusqu'à ce que la guerre soit finie, car il ne peut en être autrement l. »
Ce que le. troubadour énonce d'après le témoignage de ses yeux, saint Dominique l'apercevait d'un regard prophétique. C'était quand il tirait de son cœur d'apôtre ces accents d'une éloquence désespérée : « Depuis longtemps je vous exhorte avec douceur , en vous prêchant, en priant, en pleurant. Mais , selon le proverbe de mon pays, là où la bénédiction ne peut rien, le bâton peut quelque chose. Voilà que nous exciterons contre vous les princes et les prélats, qui, hélas ! armeront contre cette terre les nations et les royaumes, et beaucoup périront par le glaive ; les terres seront ravagées, les murs renversés, etvous tous, ô douleur ! ils vous réduiront en servitude. Ainsi pourra le bâton où n'ont rien pu la bénédiction et la douceur* ».
Si la croisade produisit sur les peuples l'effet inopiné d'un coup de foudre, ce ne fut pas faute d'avertissement. Depuis le jour où il dirige la barque de Pierre, Inno-