Bouq. t. xix, p
de Raymond VI. Son but est la restauration des comtes de Saint-Gilles ; son moyen, une accumulation de haine sur la personne de Simon et des Français, a II savait bien, reprend le chroniqueur, que, pour lever cette taxe, il faudrait recourir à des violences générales et particulières qui amèneraient les Toulousains à aspirer avec plus d'ardeur que jamais vers leur ancien état de liberté et à se jeter dans les bras de leur ancien comte ' . » C'est explicite et c'est clair !
Malheureusement, Montfort, génie plus guerrier que politique, se laisse prendre au piège. Il était en droit d'exiger une rançon ; il la frappe exorbitante ; au lieu de réprimer, il écrase ; -au lieu d'apaiser, il aigrit : voulant réparer un vide dans ses finances, il creuse un gouffre où sa fortune va s'engloutir — exececatus argento, pericidum non prœvidet -'.
En effet, la taille ayant été répartie, elle fut durement exigée. Ici, tout le monde est d'accord, le chroniqueur avec la Chanson. « Les sergents, porte celle-ci, commencèrent à imposer des tailles et à faire toute sorte de vexations, d'insultes, de dommages, d'affronts, et
vont parla ville, menaçant et frappant partout Ah !
noble Toulouse, te voilà les os brisés 3. »
Pierre de Vaux-Cernay ajoute que le comte exigea des otages qu'il envoya captifs dans ses châteaux. Une fois de plus.il avait ordonné aux Toulousains d'abattre les murs et les tours de leur ville. Pourtant, à la facilité avec laquelle ces défenses vont bientôt se relever, on peut croire qu'ellesne furent jamais rasées complètement. Toujours est-il que le poète, avec son emphase habituelle, déplore uneœuvre dedestruction qui s'étendait aux palaisou