‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 191 sur 203 · Chans. p. 28g · texte numérisé non relu

Chans. p. 28g

l'évêque foulques de Toulouse.

maisons fortes à l'intérieur de la ville. Il voit crouler « les riches etadmirables palais, les somptueux bâtiments, les tours antiques et les constructions nouvelles.... Alors vous auriez vu abattre... murs, salles, larges créneaux... parapets et chambres richement peintes , portails, voûtes, piliers élevés.... Il semble que ce soit un tremblement de terre et un roulement de tonnerre »

Tandis que Toulouse se débat sous la main de Montfort , l'œuvre de saint Dominique, étrangère aux luttes des partis , croît et progresse. Foulques avait attribué à l'Ordre naissant l'église de Saint-Romain. Au moment où les murailles et les palais de la ville s'écroulent avec fracas , le saint Patriarche prend la truelle et bâtit. Avec la sollicitude d'un père, il élève une demeure à ses fils , à l'ombre de l'église devenue leur propriété. En termes qui ne sont pas sans un certain parfum de régularité monastique et dccalme claustral, Jourdain de Saxe parle de la disposition des cellules « bien adaptées à l'étude et au repos des religieux ».

Le dernier séjour de quelque durée que Dominique fit à Toulouse, commence à partir des fêtes de Pâques , en 1 2 1 7 . Le Saint revient de Rome , porteur de la Bulle d'approbation qu'Honorius III a fait délivrer en faveur de son Ordre. Au mois d'août suivant, les Frères sont convoqués à Prouille, réunion mémorable qui fut le signal de leur dispersion à travers l'Europe catholique. On eût dit que si la fortune chancelante de Simon de Montfort se soutenait encore, c'était pour donner aux Frères-Prêcheurs le temps de s'organiser. Quelques mois avant la réunion de Prouille, leur Père et fondateur avait eu une vision qui — les historiens l'insinuent — ne fut pas sans influence sur sa ligne de conduite. Il lui

Page 1