‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 193 sur 203 · Ou encore du Fauga · texte numérisé non relu

Ou encore du Fauga

l'ÉVÈQUE FOULQUES DE TOULOUSE.

et pardes chemins détournes, le vieuxcomte Raymond VI s'était glissé dans Toulouse et s'en était rendu maître, à l'exception du château Narbonnais. A cette nouvelle, Simon de Montfort qui, sur le bord du Rhône, relevait par des succès le prestige de ses armes, se hâte de revenir en arrière. Il pense avoir facilement raison de la ville révoltée ; mais Toulouse, qui connaît les échecs en rase campagne, est invincible derrière ses murs. Elle va le prouver une fois déplus.

Qu'allait-il cependant advenir de la Toulouse catholique, de celle dont nous avions raconté les gestes et signalé laprépondérance momentanée ?Depuis longtemps, elle n'a point fait parler d'elle. Elle existe pourtant. Ce n'est pas, en effet, de laToulouse hérétique que partait ce mouvement favorable qui, après avoir effrayé l'humilité de saint Dominique, l'aidait ensuite à fonder son œuvre : Toulouse la catholique existe, mais à l'état de parti vaincu.

On sait, en effet, que le retour triomphal de l'ancienne dynastie fut accueillidiversement, avec faveur parles uns et déplaisir par les autres — quibusdam placuit, quibusdam displicuit {. Ainsi parle l'impartial serviteur et chapelain de la maisondeSaint-Gilles. D'autre part, laChanson a soinde ne pas nous laisser ignorer les violences du parti victorieux. « On massacre , dit-elle , les Français qu'on trouve »; et plus loin, parlant des prisonniers, elle nous montre en ces termes le renouvellement d'anciens forfaits : « Ils sont, porte-t-elle, traînés par la ville et pendus 2 ». Devant ces fureurs, bon nombre d'habitants se prennent à craindre pour eux-mêmes et songent à leur sécurité. Vous les voyez chercher un refuge , les

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