‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 197 sur 203 · Chans. p · texte numérisé non relu

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2. Cf. Bouq. t. xix, p. m. Parmi d'autres actes de cruauté, lisez l'horrible martyre infligé à un clerc au cours du siège. Ces actes, que rien n'excuse, s'expliquent néanmoins par l'état de crise et d'exaspération d'une ville serrée de près et luttant en désespérée. Mais dans la suite, alors qu'une situation régulière a eu le temps de prévaloir, Toulouse, dans la personne de ses plus notables bourgeois, s'est signalée par des profanations abominables. Son église cathédrale a été l'objet de souillures qu'on ne peut pas décrire, les saintes images ont été brisées et, six siècles avant la révolution française, une courtisane a été installée sur l'autel. Cf. Ann. Cist. t. iv, p. 211. Lettre du cardinal légat Conrad.

depuis neuf ans. L'attaque, alimentée comme toujours par des arrivages successifs, est portée parfois à un haut degré de force et de puissance ; mais bientôt, parleur départ prématuré, les croisés laissent leurs frères d'armes diminués et affaiblis. Pour hâter les secours, pour les obtenir plus réguliers, l'évêque Foulques et la comtesse de Montfort, toujours semblable à son mari —

non dissimilis viro 1 — sont envovés en France. « Sou-

dain, dit la Chanson, au commencement de mai, quand le temps commence à se faire beau... voici venir un messager qui rend la joie aux assiégeants: doucement il dit au comte : « Allez bien vite recevoir l'évêque et la a comtesse qui viennent pleins d'ardeur, avec Michel « de Harnes qui enflamme l'ost, Gautier de la Bétone et « Guillaume Melir... • Le comtedit : « Rien ne peut plus « me nuire ». Et il alla les recevoir... Et ils menèrent grande joie quand ils se rencontrèrent. Mais bientôt, au moment où l'on va en venir aux mains, arrivent d'autres croisés. Toute l'ost ensemble est dans la joie, car le comte de Montfort va accueillir Amauri de Craon, Gillebert des Roches et Aubert de Senlis, avec plus belle troupe que je ne saurais dire 2. »

De pareils noms et un grand nombre d'autres montrent assez quels prodiges de valeur furent accomplis devant Toulouse. Mais bientôt Montfort est frappé, et avec lui s'éteint toute l'énergie des assiégeants. Privés du chef qui les avait si souvent conduits à la victoire et sous le commandement duquel il n'y avait pas d'échecs irréparables, affaiblis dans leur nombre, appauvris dans leurs ressources, les croisés évacuèrent le château Narbonnais et, battant en retraite, ils emportèrent avec eux

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