‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 198 sur 203 · Chans. p. 36g · texte numérisé non relu

Chans. p. 36g

l'ÉVÊQUE FOULQUES DE TOULOUSE. 583

le corps du héros, pour l'ensevelir avec honneur au moûtier de Saint-Nazaire, à Carcassonne.

La lutte va durer encore dix ans ; mais, à certains égards, cette année fatale de 1218 peut être considérée comme une fin. On donnera encore à la guerre le nom de croisade et les combattants continueront à s'intituler pèlerins; les dispositions des esprits se seront modifiées. La période chevaleresque, héroïque, est décidément close; les mobiles se sont déplacés ; les intérêts de la foi ont passé du premier au second rang. La France, assurée jusqu'alors du concours des autres nations, va se trouver seule à combattre. La campagne de 1218 a gardé, dans le souvenir des générations suivantes, le nom de guerre des Allemands1 ; mais c'est pour la dernière fois que ce peuple entre en lice. En 121g, un nouveau siège, conduit sans succès contre Toulouse par le fils de Philippe-Auguste, offre une entreprise toute française. La lutte a pris un caractère plus politique que désintéressé ; le duel est maintenant entre la maison de Saint-Gilles et la maison de Montfort,qui essaie de réunir les débris de sa puissance déchue ; plus tard c'est entre la maison de Saint-Gilles et la maison de France, à laquelle les Montfort ont cédé leurs droits. Jusqu'en i226onseconsume, soiten combats stériles, soiten négociations infructueuses. En cette année, tout le midi en deçà de Toulouse, obéissant à un de ces revirements si fréquents dans son histoire, devient la conquête volontaire de Louis VIII. Le prince est encore à Avignon, que déjà des bords du Rhône jusqu'à trois lieues de Toulouse, et même au delà, si vous regardez les Pyrénées, les villes, les seigneurs, les châteaux, ont fait leur soumission. Cette annexion, définitive désormais, d'une partie du Languedoc à la

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