‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 199 sur 203 · Enquête de 1274, déjà citée · texte numérisé non relu

Enquête de 1274, déjà citée

France, précipite le dénouement. Deux ans plus tard, le traité de Paris consacre la prépondérance de la nation très chrétienne et comble les vœux du Saint-Siège. Réconcilié avec l'Eglise, Raymond VII ne conserve que la jouissance viagère de Toulouse et de tout son diocèse, du cours inférieur de la Garonne et du marquisat de Provence.

Dénouement tenu pour prodigieux, eu égard à la grandeur du résultat et aux difficultés qui, insurmontables jusqu'alors, s'étaient aplanies soudainement ! « Œuvre de Dieu, s'exclame avec raison Guillaume de Puylaurens, œuvre de Dieu et non des hommes — factum non per hominem, sed pcr Deum ! — Alors, chante un autre écrivain, qui emprunte ses accentsau roi- prophète, alors la miséricorde et la vérité vinrent à la rencontre l'une de l'autre ; la justice et la paix s'embrassèrent... » Et pour justifier ce mouvement lyrique, le chroniqueur ajoute : « Ilyavait si longtemps que les tentativesde pacification avortaient, que les négociations se renouaient en vain et que, après les trêves conclues en vue d'arriver à la paix, la guerre reprenait de plus belle 1 ! »

A Paris, devant le portique de Notre-Dame et dans l'accoutrement d'un pénitent, Raymond VII jurait d'observer les clauses du traité. Introduit ensuite dans l'église et conduit devant l'autel, il était absous de l'excommunication. « Grande pitié était-ce, écrit son chapelain, que de voir un personnage si considérable et qui, pendant longtemps, avait tenu tête à de si puissantes nations, conduit présentement à Tautelenchemise, en braies et nu-pieds! » Telleétait, dans son apparat extérieur, la pénitence canonique. Loi commune, loi d'égalité devant l'Evangile, elle courbait le front des puissants et des faibles et ne brisait

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