‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 201 sur 203 · Bouq. t. xxi, p. 5gg · texte numérisé non relu

Bouq. t. xxi, p. 5gg

l'ÉVÊQUE FOULQUES DE TOULOUSE. 587

fut soumise. Le comte de Foix, adversaire très redoutable, reconnaissant qu'il ne pouvait éviter de tomber entre les mains des Toulousains , fort au courant de toutes ses retraites, consentit enfin à la paix et entra dans le concert des barons catholiques. A la suite de ces événements, le comte de Toulouse mit sur pied des agents pour procéder dans toutes ses terres à la recherche des hérétiques et pour les dénoncer. Une récompense, prélevée sur son trésor, était offerte à quiconque signalerait un hérétique ou aiderait à le découvrir1. »

L'hérésie était vaincue , mais non réduite, et encore moins éteinte. Frémissante, elle s'agitait dans l'ombre. « On pensait, écrit un contemporain et un acteur dans cesévénements, que l'Eglise allait jouir de quelque paix; mais leshérétiques et leurs croyants se mirent àredoubler de malveillance et de perfidie contre elle et contre les catholiques, de telle sorte que, à Toulouse et dans toute la contrée , ils firent plus de mal que durant la guerre. De ce dont les Frères-Prêcheurs et les catholiques ressentirent un vif chagrin 2. »

Dès i23o , un an après la pacification , l'hérésie se révèle par un acte cruel. André Chalvet, brave chevalier , préposé, jusqu'à l'époque du traité de Paris, au gouvernement de cette partie du Toulousain qui s'était soumiseau roi de France, est sur pris et massacré dans un bois. Des déprédations sont exercées sur les terres de l'évêchéde Toulouse; des seigneurs et chevaliers refusent de s'acquitter des dîmes. Devant une insulte qu'il considère comme faite à l'Eglise plutôt qu'à sa personne, Foulques retrouve toute sa fierté. Il va se plaindre à Ryamond VII ; celui-

1. C'était en vertu d'une des conditions du traité de Paris. Pendant deux ans, le comte devait payer deux marcs d'argent pour chaque capture et un marc après ces deux ans.

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