‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 30 sur 203 · Lib. v, de Privilegiis · texte numérisé non relu

Lib. v, de Privilegiis

l'église et le droit romain. io5 annexe de la révélation, dont elle accompagne et orne le triomphe. Le titre de vassales, donné par l'usage du temps aux branches diverses de renseignement profane, révèle à lui seul toute une synthèse où les sciences viennent se coordonner chacune à son rang, sans qu'aucune soit exclue. Faisant allusion à ce terme consacré, le bulle d'Honorius III déclare que la sainte Eglise n'entend pas se priver des services qu'elle tire des lois séculières — licet sancta Ecclesia legum sœcularium non respuat famulatum. Ainsi l'Eglise fait appel à la science. Cependant elle la veut subordonnée ; au besoin elle en combat l'abus, le danger quand il s'offre. Elle a bien, vers la même époque, interdit dans les écoles de Paris la mise en circulation de certains livres d'Aristote. Qui pourtant l'accusera d'avoir fait peu de cas de la doctrine du Stagyrite 1 ?

Mais si le Pape n'en veut pas à l'enseignement théorique de la jurisprudence romaine, que vise-t-il donc dans sa bulle ? Cet acte est un coup droit porté aux légistes. Déjà leurs myriades ont, comme par le fait d'une génération spontanée, envahi les juridictions temporelles, en attendant qu'ils prennent pied dans les tribunaux ecclésiastiques. Pour se rendre nécessaires, ils substituent au jeu si simple de la procédure coutumière, un droit dont eux seuls ont la clé. Laissezles faire, et ils auront bientôt infesté la France entière, altéré ses institutions, changé son caractère 2.

A cette époque de monarchie chrétienne, les fils aînés

Page 1