‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 37 sur 203 · I. En Allemagne surtout · texte numérisé non relu

I. En Allemagne surtout

cités donnent le branle, cela n'empêche que telle petite commune de huit cents âmes 1 n'arrive à compter plus de cinq cents filiales. C'estque, tracée par la main paternelle d'un évêque, sa constitution] est la plus libérale que l'histoire puisse citer. N'allez pas croire, non plus, que cette féconde expansion soit le privilège de la commune proprement dite. Il suffit qu'une coutume ou loi * porte à un degré plus prononcé qu'une autre l'empreinte de la liberté, pour que, aussitôt, se communiquant de proche en proche, elle envahisse des contrées entières. Dans un rayon plus restreint, une foule de chartes particulières deviennent des types et des modèles qu'on n'a que la peine de copier. La pacifique évolution fait rage; elle gagne jusqu'à la condition servile, dont elle ne laisse subsister que le nom ; l'homme de poëste et le serf de corps ont leurs garanties et leurs droits. La croix a racheté le monde, et ce n'est pas sans raison que le signe libérateur est érigé dans les localités affranchies, en souvenir des libertés conquises ou octroyées.

Ici tout se tient: la liberté, l'ordre et la paix. Ces trois fruits excellents du règne de Dieu ne peuvent être isolés d'une foule d'autres biens civilisateurs, miettes du royal festin auquel l'Evangile nous convie — et cœtera adjicientur vobis.

Raymond de Pennafort est plus qu'un savant : c'est un saint. Ne quittons point Bologne sans nous être enquis,

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