‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 39 sur 203 · Summa. L. 1, tit. m, g · texte numérisé non relu

Summa. L. 1, tit. m, g

1 3 6 CHAPITRE [II. — CIVILISTES ET DÉCRÉTISTES.

de ses dispositions. L'ancienne Vie poursuit: « Apprenant qu'il ne percevait aucun salaire, les Bolonais, dans la crainte de perdre un maître de tel renom, statuèrent à son insu qu'une subvention annuelle lui serait attribuée sur le trésor de la commune. Quant à lui, fidèlement et dévotement, il payait à Dieu et au clerc de sa paroisse la dîme de ses profits. »

La dîme dont il est fait ici mention était de celles qu'on appelle personnelles. Au sujet de ce genre de redevance, une controverse s'était élevée entre les canonistes. Les dîmes personnelles impliquaient-elles, comme les dîmes réelles, une obligation de droit divin, ou au contraire n'étaient-elles exigibles qu'en vertu du droit ecclésiastique ? Dans le premier cas, et le droit divin ne se prescrivant pas, ladésuétude ne pouvait être invoquée. Raymond reconnaît dans sa Somme qu'on a cessé presque partout d'acquitter les dîmes personnelles — vix alicubi dantur decimce personales l. Il constate ladésuétude, mais il ne prend sur lui ni de la justifier ni de l'incriminer. Esprit aussi modeste qu'éclairé, il déclare que, sur cette question délicate, il aime mieux être instruit qu'instruire, écouter que d'être entendu — aadire magis quam audiri. Ce qui n'empêche, que, contempteur des biens périssables, il n'accepte comme un devoir certain une obligation douteuse. « Fidèlement et dévotement »,il s'acquitte envers le clerc de sa paroisse de sa dîme personnelle.

i Sum. L. i, tit. xv, 3-4.

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