‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 50 sur 203 · Bull. Ord. t. i, p. g · texte numérisé non relu

Bull. Ord. t. i, p. g

2. Humbert de Romans, à une époque où les réclamations des intéressés auraient eu le temps de se produire, écritdans les mêmes termes que le bienheureux Jourdain : Beatus Dominicus in Hispaniam profectus est an. D. 1 2 i S , ubi duas domos instituit, unamscilicet apud Major icum (Madrid) quœ modo est monialium, alteram apud Secubiam quœ domus Fratrum Prœd. in Hispania prima fuit.

PREMIERS COUVENTS. I 5g

mains des constitutions et un titre d'adoption: titre précieux que les habitants de Gormas sauront défendre, et qui sortit triomphant d'une enquête contradictoire confiée, nous le verrons plus tard, à l'expérience de saint Raymond.

Un ancien catalogue *,où les couvents d'Espagne sont énumérés par ordre de date, place en tête Ségovie, puis Palencia et Barcelone. Madrid ne figure pas sur cette liste. C'est que, dès la fin de 1220, les Sœurs, dans cette ville, ont été substituées aux Frères. Non seulement elles occupent les cloîtres commencés , mais elles sont entrées en jouissance des terres et revenus que l'Ordre, par une renonciation générale , venait de répudier pour ses fils. Palencia prend donc la place laissée vide par Madrid; parmi les couvents d'hommes, il occupe le second rang.

Palencia et Barcelone ont été fondés au cours d'une mêmeannée, Barceloneà la fin, Palencia antérieurement. Il faut donc, pour assignera cette dernière maison une date approximative, remonter le cours de 1219. Mais, au commencement de 1219, saint Dominique était encore en Espagne. Les temps se touchent , se confondent peut-être; il doit y avoir un lien moral entre les faits. Sans doute, et à moins qu'on n'efface le témoignage si explicite du bienheureux Jourdain, « les mains du premier Père ne laissèrent pas leurs empreintes sur les murs de Palencia. Ce fut un autre qui reconnut les positions, qui fit choix d'une assiette favorable, qui remua le sol, qui scella la pierre angulaire ». Mais cet autre avait été choisi, dirigé et instruit par le Saint encore présent en Espagne. De Ségovie, de Madrid, ou de tout autre point de son

1. L'original de ce catalogue, cité par nous de confiance, a péri avec beaucoup d'autres pièces de grande importance, réunies par les savants continuateurs de Mamachi.

parcours, Dominique a dû veiller sur une entreprise que ses souvenirs du passé, que des intérêts du présent recommandaient à ses sollicitudes. C'est à Palencia qu'il avait reçu les premiers éléments de la science sacrée, et maintenant les écoles de cette ville, considérablement accrues, répandaient un éclat à lui seul suffisant pour déterminer des préférences qui, on le sait d'ailleurs, se portaient sur les villes savantes.

A quelques mois de distance, nous l'avons raconté plus haut, s'ouvrait la maison de Barcelone, formée d'une colonie dont le saint Patriarche, étant alors à Bologne, avait trié le personnel. Un dernier nom complétera la liste des couvents fondés en Espagne, lui vivant, et sous son impulsion.

Il existe des lettres d'Honorius III, adressées, à la date de 1222, à un Prieur des Frères-Prêcheurs du diocèse de Lisbonne l. Cette indication ne peut être relative qu'au monastère de Santarem, situé sur les bords du Tage, à quatre milles de la capitale actuelle du Portugal. Des données historiques d'une incontestable valeur permettent de reculer l'origine de cette maison d'un an, de deux peut-être. « Au commencement de l'Ordre, écrit un historien faisant autorité, et saint Dominique étant encore sur la terre, le bienheureux Dominique de Cubo, son disciple et son compagnon, fut envoyé par lui avec la mission d'ériger lecouvent de Santarem. Aidé par le roi, il réussit en peu d'années; son corps est conservé au monastère élevé par ses soins a. » Vraie pépinière de saints, comme nous le verrons dans la suite, cette illustre maison occupe, sur l'ancien catalogue, le

1. Appendice imprimé du travail ms. des continuateurs de Mamachi.

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