‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 55 sur 203 · PREMIERS RELIGIEUX. I · texte numérisé non relu

PREMIERS RELIGIEUX. I

lui ». » Et ici le narrateur rapporte que le vénérable religieux, étantà Paris, fut sollicité par la comtesse de Montfort d'imposer les mains à unenoble damoiselle desamaison, à cause des douleurs de tête dont elle souffrait habituellement. Mais, tant qu'elle n'aurait pas renoncé aux chevelures empruntées et aux bandelettes tissées d'or, si mal menées par les1 prédicateurs du temps, l'homme de Dieu se refusait à la soulager ; « car souvent, disait-il, Dieu châtie les femmes à cause del'attirail orgueilleux qu'elles échafaudent sur leur tête ». Celle-ci s'étant soumise, l'homme de Dieu se laisse vaincre à son tour. Il prie, il impose les mains à la noble jeune fille : elle est instantanément guérie.

Un retentissement plus grand accompagne un autre fait. A l'éclat du prodige, se joignait la glorification d'une vertu que naguère, de ses lèvres mourantes, saint Dominique recommandait à ses fils avec toutes les insistances de son âme virginale Les narrateurs contemporains, Jourdain de Saxe le premier, ont célébré à l'envi ce triomphe de la chasteté. Dominique venait de purger la cour de Castille des histrions et des femmes de mauvaise vie. De là d'odieuses représailles ourdies contre sa vertu. Quel triomphe, si ce flagellateur du vice tombait lui-même dans une action criminelle ! Inspiré de Dieu, il feignit d'accepter une entrevue avec l'instrumentchoisipour cet infâme dessein. Or, à l'heure convenue., il avait fait allumer un brasier et, s'y étant étendu, il invita la séductrice à partager cette couche, image des ardeurs infernales. A la vue de cet homme, enveloppé et non atteint par les flammes, la courtisane s'enfuit. Mais elle était vaincue, transformée dans ses dispositions. « Chose merveilleuse , remarque Ber-

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