‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 81 sur 203 · MICH. DE FABRA ET BER. DE CASTELBISBAL. 26 I · texte numérisé non relu

MICH. DE FABRA ET BER. DE CASTELBISBAL. 26 I

colonnes s'ébranlèrent. Les fantassins se précipitèrent sur l'étroit passage. En cet instant, un cri immense sortit de quinze mille poitrines. C'était le cri de guerre des Catalans : Sancta Maria, Sancta Maria ! et cette exclamation fut bien répétée trente fois, jusqu'à ce qu'on eût vu les cavaliers gravir eux-mêmes la brèche et disparaître dans la poussière du combat.

Arrivés les premiers, les fantassins étaient serrés de près dans un combat corps à corps contre toutes les forces de l'émir. Il était temps que la seconde colonne vînt leur prêter main-forte. Au moment où elle débouchait, on vit apparaître un chevalier aux armes étincelantes et monté sur un coursier blanc. « Ce robuste soldat », comme parle la chronique, ne fut aperçu que des seuls Sarrasins *, et c'est par leur témoignage que le fait transpira et put être vérifié. « Nous crûmes fermement, dit à son tour le roi Jacques, parlant après enquête *, que ce cavalier n'était autre que saint Georges, lequel, d'après le témoignage de l'histoire, apparut maintes fois dans les rencontres entre Maures et chrétiens 3. »

Après la plus terrible des mêlées, vraie bataille de rues, la ville basse tombait au pouvoir des chrétiens. Vingt mille infidèles avaient péri par le fer; trente mille fuyaient vers les montagnes; l'émir et son fils étaient prisonniers 4. Les soldats vainqueurs pénétrèrent dans les habitations. Marsilioa conservé une circonstance de ces

1. Iste robustissimus fuit manifestas Savracenis. Marsilio, L, 11, ch. xxxiv.

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