‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 82 sur 203 · Ut rex congruo tempore diligentius indagavit. Ibid · texte numérisé non relu

Ut rex congruo tempore diligentius indagavit. Ibid

3. Saint Georges était le patron des Aragonais, et son nom leur servait de cri de guerre, comme celui de saint Jacques aux Castillans, et celuide sainte Marie aux Catalans.

4. Le fils de l'émir reçut le baptême. 11 rendit, dans la suite, des services signalés au roi Jacques et fit souche parmi les familles ara gonaises, en qualité de seigneur de Gotor.

scènes de tumulte. « Ainsi, dit-il, que nous l'a souvent rappelé Arnauld de Castrovejo, qui plus tard fut Frère- Prêcheur, des pillards, en fouillant les maisons, y trouvèrent des dames et des demoiselles de la plus grande beauté. Leurs poitrines étaient ornées de monnaies d'or et d'argent, de perles et de pierres précieuses; elles portaient des bracelets d'or et d'argent, descolliers et d'autres ornements d'une grande valeur, et montrantaux hommes d'armes tous ces objets, elles fondaient en larmes et leur disaienten arabe: « Prenez toutes ces choses, mais épargnez notre vie. »

Sous les murs fortifiésde la ville haute ou Almudayna, le carnage fut grand. Lesportes de cette enceinte étaient fermées, aux fuyards et ceux-ci, en s'amoncelant, offraient une proie facile à l'épée des croisés. « Quand nous arrivâmes à la porte de TAlmudayna, écrit le roi, nous la trouvâmes encombréedetrois centscadavres. » Les habitants n'essayèrent pas de se défendre. Ayant député au vainqueur l'un des leurs qui parlait catalan, ils offrirent de rendre la place, à la condition qu'on leur donnerait des hommes pour protéger leurs vies. Ici, nous retrouvons dans toute sa puissance l'ascendant moral des fils de saint Dominique. Pour maîtriser une soldatesque exaltée par la passion du combat et l'ardeur au pillage, le roi Jacques crut ne pouvoir mieux faire que de confier la garde de l'Almudayna à deux Frères-Prêcheurs. Il leur subordonna dixchevaliers des plus éprouvés et des plus discrets, qui devaient, avec leurs écuyers et leurs hommes d'armes, veiller sur la cité, sur l'Alcazar ou château de l'émir et sur les trésors qui s'y trouvaient renfermés.

Nous n'avons pas à parler de la consolidation de la conquête, de son organisation, de la répartition des terres et des dépouilles, « des franchises et libertés que Jacques octroya à Majorque, plus nombreuses, dit Mun-

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