SES FONCTIONS AUPRÈS DU PAPE
conscience les plus délicates, les cas les plus compliqués, les difficultés pratiques de l'ordre le plus élevé, prenaient la route de Rome afin d'être soumis à l'autorité divinement investie du soin d'assainir le monde moral. Cette grande tâche ne pouvait s'accomplir sans coopération : le Pape avait auprès de sa personne des conseillers et des secrétaires : c'était le collège des pénitenciers.
Raymond, l'un d'entre eux, se confond-il avec tous les autres ? ou bien exerce-t-il, comme on l'a doctement prétendu, les fonctions de pénitencier majeur ? Cette dernière opinion n'est pas sans vraisemblance, sinon à cause du nombre et de la nature des affaires qui aboutissent à notre Saint, du moins à cause de sa signature et de son nom figurant au bas des réponsesdontil aurait été à la fois le rédacteur et l'expéditeur. Tout à l'heure nous entendrons un évêque d'Angleterre parler de « ses sollicitudes à l'égard de toutes les églises ». Ces termes laissent deviner une sorte de compétence universelle, l'exercice effectif des fonctions — sinon le titre — de pénitencier majeur.
Cet office imposait à Raymond un double devoir : celui de répondre comme consulteur, celui d'absoudre comme réconciliateur.
Il est consulteur, et en voici des exemples.
Un opuscule lui est attribué sous ce titre : Doutes sur certains articles soumis au Souverain Pontife et réponses à ces doutes — Dubitabilia cum responsionibus ad queedain capita missa ad pontificem l. Si l'on veut, — à tort, croyons-nous, — méconnaître dans cette page la main de l'illustre pénitencier, qu'on nous permette du moins d'en retenir l'intitulé. Vous le voyez figurer en tête d'autres