Echard, à l'article Raymond
pièces de même nature que la précédente, et que personne ne conteste à Raymond.
Ainsi, pendant son séjour à la cour romaine, les Frères- Prêcheurs, établis dès lors à Tunis, soumettent à l'appréciation du Saint-Siège une longue série de questions relati ves à l'exercice de leur ministère et surtout aux rapports entre chrétiens et Sarrasins. Le pénitencier répond que leurs demandes ont passé sous les yeux du Pape, lequel, après délibération, l'a chargé, lui Frère Raymond, de libeller des réponses, afin que, sans inquiétude et sans reproches — intrepidè — ils puissent exercer en une terre infidèle leur office de confesseurs *.
En 1 235, des instructions sont réclamées par l'évcque de Lérida touchant la ligne de conduite à tenir envers les hérétiques. Le Pape fait droit à cette demande; il ajoute à la fin de sa lettre : « Quant à la procédure concernant les hérétiques, vous avez la note de Frère Raymond annexée aux présentes 2 ». Nous aurons à revenir sur cette note.
Raymond est aussi réconciliateur.
a Dieu, dit saint Paul, a mis en nous la parole de la réconciliation. » Parole qui n'a jamais tari sur les lèvres sacerdotales, depuis celles du pontife romain, ce souverain réconciliateur, jusqu'à celles du plus humble des prêtres. Malgré le naufrage inévitable d'une multitude de documents, nous en possédons assez pour rétablir le rôle exercé à cet égard par saint Raymond, au lieu et place du pasteur universel.
D'autres ont frappé, et lui guérit. L'excommunication, cette arme de justice qui tira le monde de la barbarie, avait eu son âge d'or. Maintenant, à cause même de la
1. Sancti Raymundi responsa dubitabilia. Bibliothèque de Florence, cod. ii 5. .