‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 89 sur 203 · SES FONCTIONS AUPRES DU PAPE. 27 I · texte numérisé non relu

SES FONCTIONS AUPRES DU PAPE. 27 I

grandeur du résultat, on est tenté d'abuser du moyen. Parfois il est mis au service des égoïsmes, des passions, voire même de la criante injustice. Mais ce n'est pas en vain que le sceptre d'équité brille aux mains du Pontife de Rome. Ce sceptre a une double vertu : il brise et il guérit ; un Pape est utile à bien des choses.

Voici l'évêque de Laon qui doute s'il est atteint par une censure ecclésiastique. Pour tranquilliser sa conscience, il recourt au Saint-Siège, et, après une enquête confiée à la prudence de Raymond, celui-ci absout le prélat ad cautelam, comme on disait, c'est-à-dire pour plus de précaution 1 .

De même, et après avoir fait toutes les réserves et pris toutes les garanties suggérées par le droit, il relève de l'excommunication, injustement fulminée, un chanoine régulier du diocèse de Limoges, victime des procédés tyranniques de son Abbé, et un chanoine de Trente que son évêque molestait indignement. Le Pape, tandis que son pénitencier verse l'huile sur les plaies, s'élève contre ceux qui ont porté les coups. Il est beau de voir, dans les lettres apostoliques délivrées en ces occasions, avec quel accent indigné, avec quelle sainte énergie, le père commun prend la défense du faible contre le fort, de l'opprimé contre l'oppresseur 2.

Les détails se multiplient. En 1234, Grégoire IX écrit au Prieur des Frères-Prêcheurs de Paris afin qu'un marchand florentin, du nom d'Accurse, antérieurement convaincu de relations illicites avec les hérétiques, ne soit pas inquiété, attendu que déjà Frère Raymond lui a imposé une pénitence 3.

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