‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 95 sur 203 · Malvenda. Ami. ad annum 123b · texte numérisé non relu

Malvenda. Ami. ad annum 123b

services rendus, semblait le désigner aux plus hautes dignités'. Le difficile était de les lui faire accepter ; en endossant la bure, il avait pensé s'y soustraire à tout jamais. Depuis lors, tous les actes de sa vie semblent dire : des charges ou des fardeaux, tant qu'on voudra ; des honneurs jamais ! « Chose admirable, observe son premier historien , il acceptait humblement, et comme le fardeau suave et léger du Seigneur , les labeurs imposés par l'obéissance ; mais , à l'exemple du Christ qui se cachait quand on voulait le faire roi, il fuyait les titres et les dignités. » En voici un éclatant exemple.

Le vénérable Spargo, ce protecteur ecclésiastique des jeunes années de Jacques le Conquérant , avait laissé vacant par sa mort le siège métropolitain de Tarragone. Pour remplir ce grand vide, Grégoire IX consentait à se priver de l'homme de sa droite et, au nom de l'obéissance, sous peine même d'excommunication, il lui commanda d'accepter. Mais, devant ces ordres du Pape, Frère Raymond « se montra saintement rebelle — sancta quadam rebellione, dit Humbert de Romans, en sorte que le Pontife, se rendant compte de la violence faite au serviteur de Dieu, cessa de le contraindre ». L'ancienne Vie, s'expliquant davantage, montre comment les droits de l'obéissance et les répugnances de l'humilité finirent par s'accorder. « Frère Raymond, porte ce récit, ne voulut aucunement consentir ; mais, ainsi qu'il en fit part aux Frères, il ressentit de la nouvelle de sa promotion un tel bouleversement, que, saisi par la fièvre, il demeura trois jours aussi douloureusement affecté dans son corps qu'affligé dans son âme. Enfin le seigneur Pape, sur ses instances, sur celles de plusieurs cardinaux, consentit à le décharger, à la condition toutefois que lui-même, à cause de sa connaissance

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