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mais sur la faute commise et sur le prêtre de qui était venu le scandale.
La foi qu'il inspirait était si passionnée que de toutes parts on venait solliciter de lui des guérisons. Son humilité en souffrait. Il ne pouvsât sup- .porter qu'on lui attribuât un pouvoir miraculeux qu'il ne se reconnaissait pas lui-même. Il s'effrayait des prodiges que Dieu accomplissait par son entremise et craignait surtout qu'on ne lui en attribuât le mérite. Mais comment résister aux instances de ceux qui souffraient? Alors il leur recommandait la pénitence, lui-même entrait en prières» versait des larmes abondantes, et souvent la guérison récompensait la foi des uns, Tardente charité de l'autre.
Un jour, les habitants de Joviacum, qui avaient été précédemment témoins d'un miracle du saint', lui amenèrent une femme qui depuis longtemps souffrait d'une maladie de langueur. Elle était mourante et déjà l'on préparait les obsèques ; les pleureuses et les joueurs d'instruments faisaient entendre leurs lamentations funèbres. Soudain ses proches eurent l'idée de la conduire h Séverin.
I. £ug.^ XIII, i-a. Alors qu^tm soir aucun prêtre ne pouvait parrenir à allumer son cierge, dans l'église de cette ville, Séverin, disait-on, s'était mis en prière et le sien s'était allumé de lui-même.
l'homme intérieur. 71
Us font cesser le bruit, enlèvent la malade, remportent et la déposent presque inanimée devant la cellule : « Que prétendez-vous faire ? » leurdemanda-t-il. « Nous voulons que par ta prière tu la ramènes à la vie. » Alors il se prît à pleurer et leur dit : « Pourquoi demander de telles choses à un homme faible comme je suis ? Je connais à quel point j'en suis indigne, et plût à Dieu que je pusse seulement trouver grâce devant lui pour mes péchés ». Mais eux : « Nous croyons fermement que si ttf pries elle reviendra à la vie ». Vaincu, le saint entre en oraison, et bientôt la malade reprit ses sens. Mais il leur dit : « N'allez pas attribuer à mes mérites ce qui vient de se passer. C'est la ferveur de votre foi qui a tout fait, et l'on voit de semblables choses en tous lieux et chez beaucoup de nations, afin que l'on sache bien qu'il y a un seul Dieu, seul capable d'opérer des prodiges et dans le ciel et sur la terre, qui rappelle quand il le veut les moribonds à la santé et les morts à la vie* » .
Le premier soin de Séverin était de renouveler et d'attiser la foi chez ceux qui venaient Fimplorer. Avant de soulager le corps, il songeait à ra-
I. Eug., XIV, 3... hane enim gratiam fidei vestrse fervor emeruit^ et hoc fit in multis locis et gentibus ut cognoscatur quod unus sit DeuSy faciens in cœlo et in terra prodigia, excitans perditos in salutem et mortuos vitse restituens.
nimer Tâme. Il prescrivait au malade des exercices de pénitence et surtout d'incessantes prières. Eugippius raconte un certain nombre de guérisons et Ton ne peut s'empêcher de rapprocher les faits qu'il rapporte de ceux que Ton constate dans notre sanctuaire de Lourdes ^
Quelques-uns sont fort touchants. Témoin l'histoire de ce lépreux de Milan qui» attiré par la renommée du saint (on voit combien de son vivant même elle s'étendait au loin), ne recula pas devant les fatigues et les périls d'un long pèlerinage, alors surtout hérissé de difficultés. Séverin prescrivit à ses moines un jeûne extraordinaire et le lépreux fut guéri. Alors on lui conseilla de retourner chez lui. Mais il se jeta aux pieds du saint, et le supplia de le garder près de lui, afin qu'après avoir guéri son corps, il rendît aussi la santé à son âme. Ëmu, Séverin y consentit, et prenant à part quelques-uns de ses compagnons, il s'imposa avec eux une dure abstinence et de continuelles prières, afin que Dieu accordât à ce pauvre homme la grâce dont il avait besoin. Celui-ci recouvra la paix de son^âme que, quelques mois plus tard, il rendait à D^7.