I. Greg. mag, DîaK^ 1. IV, c. xt
exposer les mérites du maître, et, en outre, tout autre est le récit de ce que Ton a vu de ses propres yeux ou de ce que Ton a seulement ouï dire\ » En écrivant cette réflexion, Paschasius faisait preuve d*un jugement sain, remarquable en un temps de profonde décadence littéraire, et d'une louable modestie. Mais, par malheur, cette réserve, bonne en elle-même, nous est ici, en un sens, préjudiciable. En effet, Eugippius n^envoyait à son correspondant que des notes, indi" ciay comme il dit. Elles supposent connus des faits qui sans doute étaient alors de notoriété publique, mais que nous ignorons, des dates que tout le monde savait, mais qui nous échappent absolument. Il est vraisemblable en outre que Paschasius, s'il eût rédigé cette vie, aurait a l'occasion réclamé d'Eugippius des éclaircissements qui lui eussent fourni le fil chronologique de son récit. Or, quoique avec beaucoup d'attention on parvienne a discerner quelque ordre dans ces notes, ce fil, il faut Tavouer, n'existe pas. Tout au moins est-il beaucoup trop lâche. Si nous n'avions heureusement quelques points fixes, et qui ne sont pas dus à Eugippius, comme Tavènement d'Odoacre au pouvoir, nous ne conuai-