I. s. s, Dial. I, ao
a. £ii^., XVI.
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réserves. Elle est d'ailleurs instructive à certains égards. Elle nous montre jusqu'où pouvait aller la croyance des amis du saint eu sa puissance mystérieuse; elle nous atteste les préoccupations d'ordre spirituel qui, en dépit de la détresse matérielle, hantaient les âmes tourmentées des éternels problèmes, et, si elle est authentique quant au fait, peut-être aussi nous renseigne-t-elle sur les tendances mystiques de saint Séverin, toujours aux prises avec les exigences de la lutte quotidienne. L'attestation des témoins, le ton du récit, précis comme un procès -verbal, ne permettent pas de contester, tout en laissant le champ libre aux conjectures, qu'il n'y ait au moins un fond de vérité*. Sans insister davantage, voici le fait tel que le raconte Eugippius. Il ajoute à la physionomie du saint un trait que nous ne pouvons supprimer.
Il ne s'agit de rien moins que de la résurrec-
I. On pourrait observer que le fait en question rentre dans la catégorie de ces miracles-types que l'on rencontre dans beaucoup de vies de saints du V au vu* siècle. IVUis nous répondrons à cette objection que 1© x^^^^eVaupris soin de donner à son récit tous les caractères ^^^^ ^thenticité en nommant des témoins connu» ^ .^ publia monastère, et dont deux vivaient encore ^^^^^^^^ aucune sa Vie de saint Séverin. Les manuscrits ne P** porter ce trace d'interpolation et sont unanimes a *^^ passage. ^
tioQ d*ua mort. Un prêtre de Tég-lise de Quintana, Silvinus, homme d^une haute vertu» vint à mourir. Son corps était déposé dansTéglise. Toute la nuit, les prêtres et les diacres avaient veillé le corps en chantant des psaumes. Quand le petit jour commença à dissiper les ténèbres, Séverin invita les assistants à se retirer afin de prendre quelques instants de repos. Quand tous furent sortis, il demanda au portier, nommé Matemus, sHl ne restait plus personne dans Téglise. Et, comme le portier lui répondait affirmativement : « Il y a encore ici, répliqua-t-il, une femme qui se cache. » Alors, Maternus fit le tour de Téglise, et affirma de nouveau qu'il n'y avait plus personne. « Je ne sais qui se cache, dît encore Séverin. » Pour la troisième fois, le portier fit le tour de Téglise et, observant avec plus de soin, il aperçut une vierge consacrée qui se tenait dissimulée dans un coin. Alors, Maternus d'une voix menaçante : « Comment as-tu pu croire que ta présence échapperait à rhomnve de Dieu ? » Mais elle : « C'est la piété qui m'a poussée à agir ainsi. Lorsque tout le monde est sorti, une voix intérieure m'a avertie que le serviteur du Christ, au nom de sa divine Majesté, allait ressusciter le mort. » Il la fit sortir et Séverin, avec un prêtre, un diacre un sous-diacre et un portier, resta dans l'église. Le saint com-
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mença à prier en versant des larmes. Pendant ce temps, le prêtre continuait à réciter les prières rituelles. Quand il eut achevé, Se vérin élevant la voix, interpella le cadavre en ces termes. « Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, saint prêtre Silvinus, réponds à tes frères. » Le mort ouvrit les yeux. Les assistants allaient exprimer leur joie, mais Séverin leur fit signe de se taire : « Veux-tu que nous demandions au Seigneur qu'il daigne te rappeler à la vie pour reprendre place parmi ses serviteurs ?» Et le prêtre répondit: « Au nom du Seigneur, je t'en conjure, ne m'oblige pas à rester plus longtemps ici-bas, et ne me prive pas du repos étemel auquel je me croyais enfin parvenu. » Sur ces paroles, il retomba inanimé. Le saint recommanda à ses compagnons de ne pas souffler mot de cette résurrection momentanée, et ce fut seulement après sa mort que les témoins survivants, Marcus sous-diacre et Maternus, portier, racontèrent le fait à Eagippius. Les deux autres témoins, le prêtre et le diacre, étaient morts avant Séverin.