‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 35 sur 81 · I. Eug,, XXV · texte numérisé non relu

I. Eug,, XXV

préparait chez Içs Âlamans et qu'ils se disposaient à envahir non seulement le Norique des bords du Danube, mais l'intérieur de la province. Sans tarder, il écrivit à Paulin et chargea de sa lettre un laïque du diocèse de Tiburnium, Maximus, l'un de ses meilleurs agents de charité et qui se trouvait alors à Favianes. Par cette lettre, Séverîn avertissait Tévêque du mouvement des Barbares et lui recommandait de prescrire un jeûne de trois jours*. Paulin écrivit aussitôt à tous les bourgs de son diocèse. Quelques jours après, les Alamans envahissaient le pays comme un torrent. Mais Ton remarqua que les bourgs qui avaient obéi à leur évêque n'avaient rien eu à souffrir, tandis que les autres avaient été ravagés. Et pourquoi s'en étonner? En effet les villes qui acceptaient le jeûne et la pénitence étaient celles aussi qui, docilement, se mettaient en défense. Leurs portes fermées, bien abritées den'ière des murailles soigneusement réparées, gardées par des sentinelles vigilantes, elles voyaient battre à leurs pieds la marée dévastatrice, mais elles demeuraient indemnes. Les Barbares, en effet.

I. Eug., XXV, 1, Jejunio, quod litterae viri Dei signave^ rant. Ce jeûne avait donc été ordonné ou tout au moins conseille par Séverin. On voit par là de quelle autorité morale il. jouissait auprès de certains évêques.

procédaient par coups de main et pratiquaient peu la guerre de siège.

Malheur, au contraire, aux cités qui, par insouciance ou par incrédulité, restaient sourdes aux avertissements de Séverin et de ses émissaires! De ces sceptiques, de ces incrédules, de ces découragés, on en trouvait même parmi le clergé. Puis tous ces jeûnes, toutes ces prières excédaient les tièdes. Passau en fit la cruelle expérience*. Lors du séjour que Séverin faisait au monastère de Boitro, voisin de cette ville, au moment où on y réclamait des reliques pour la basilique, les habitants de Passau profitèrent de sa présence pour lui adresser une députation. Il s'agissait pour eux d'obtenir de Fava, roi des Ruges, et par son intercession, le droit de commercer avec le Norique. C'était au moment où les Alamans préparaient la grande invasion qui devait chasser vers le Sud les habitants des villes de Rhétie et d'une partie du Norique. Séverin, qui suivait avec attention leurs mouvements, ne gardait aucune illusion. Il leur exposa donc les périls tout proches, et ajouta : € A quoi bon demander le droit de commercer là où ne pourra même pas apparaître un marchand? » Froissés, les délégués de Passau lui ré-

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