‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 50 sur 81 · I. Jérém · texte numérisé non relu

I. Jérém

a. Eus^.y V, 3.

Norique, avaient, enlevé des Ruges habitant cette province et les emmenaient en captivité. Le coup était d'une audace surprenante et qui ne semblait pas naturelle. Flaccithée perplexe ne savait qu'en penser, ni quel parti prendre. Cette indécision prouve combien redoutables étaient ces « grandes compagnies », iormées d'un ramassis d'aventuriers de toutes races. Peut-être aussi soupçonnaitil quelque provocation sournoise à envahir le territoire de ses voisins, d'où les Goths eussent pris prétexte contre lui. Flaccithée, qui tout à l'heure encore admirait la perspicacité du serviteur de . Dieu, ne trouva rien de mieux que de le consulter de nouveau. Il envoya donc vers lui un de ses serviteurs, et voici la réponse qu'il rapporta : « Si tu entreprends de poursuivre les brigands, tu es un homme perdu. Garde-toi bien de traverser le fleuve. Trois embuscades sont dressées contre toi en trois lieux différents. Tu ne saurais y échapper. Tout ce que je te dis là te sera bientôt confirmé par un sûr messager qui te mettra au courant de tout. » Comme Flaccithée achevait d'entendre cette réponse, on lui annonça en effet que deux hommes demandaient à lui parler.

On les introduit, c'étaient deux des captifs qui avaient réussi à s'échapper et venaient en hâte informer le roi des intentions des Scamares, dont

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ils avaient surpris les disposiûons. Leur récit s'accordait de tous points avec ce qu'avait annoncé Séverin. Déjoués dans leur projet, les Scamares, qui sans doute n'avaient plus les mêmes motifs pour inquiéter le roi des Ruges, le laissèrent désormais en repos. Une grande partie des Goths descendit sur Tltalie.

Flaccithée vécut encore quelques années sans éprouver aucun revers et eut une fin paisible.

Quand il mourut, son fils Félethée, que Ton appelle aussi Feva, lui succéda ^ C'était un homme d'un caractère assez doux, porté à la clémence et disposé à suivre en toutes choses les exemples qu'il avait reçus de son père. Il n'avait pas moins d'afiection pour Séverin, et, à peine arrivé au pouvoir, il commença à le consulter*.

Malheureusement, le pacifique Félethée avait épousé une femme terrible, farouche, autoritaire et emportée, qui n'avait de cesse qu'elle ne l'eût entraîné à des mesures rigoureuses, arbitraires et cruelles*. Trop débonnaire, ou tremblant devant

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