I. £11^., VIII, I
9. £u^., VIII, I. Paternam secutus industriam sanctum virum cœpit pro regni sut frequentare primordiis,
3. Eug,^ VIII, I, Hune conjux feralis et noxia, nomine Giso, sempêr a clementîm remediis retràhebat.
elle, Félethée n'osait lui tenir tète. Elle se nommait Giso. Arienne forcenée, elle eût voulu contraindre tous les catholiques à se faire rebaptiser selon son rite. Ici pourtant, Félethée ne se laissa pas convaincre : par considération pour le saint, et contrairement à ses habitudes, il se refusa absolument à consommer cet acte de tyrannie.
Giso se rattrapa en redoublant de violences contre les malheureux habitants du Norique. Une de ses satisfactions les plus raffinées était d'enlever des Romains de condition libre, de les faire transporter au delà du Danube, et là, de les asservir aux travaux les plus vils et les plus répugnants^.
Bien entendu, elle détestait Séverin. Mais elle ne pouvait guère l'atteindre personnellement, son époux n'eût point permis qu'elle portât la main sur lui, et le peuple des Ruges lui-même était trop attaché au saint pour tolérer qu'il souffrit des caprices de la reine. Ne continuait-il pas, en dépit des mauvais traitements que Giso infligeait aux siens, de combler les Ruges de ses bienfaits ? Jamais, précisément, les guérisons n'avaient été plus fréquentes, et les pauvres Barbares assié-
i. Eug,^ VIII, a.... vilissimi seilicet ministerii servitute damnandos,,,»
130 SAINT SE VERIN.
geaient la cellule de Se vérin pour lui demaader le soulagement de leurs maux.
Ce n'était pas seulement parmi les gens du peuple que le saint gagnait, par ce moyen, des admirateurs et des amis. La guérison miraculeuse du fils d'un chef Ruge vint fort à propos lui susciter un puissant protecteur à la cour de Félethée. Les habitants de Comagène avaient supplié Séverin de venir passer quelques jours parmi eux. Or, un des principaux officiers du roi des Ruges avait un fils qui souffrait depuis longtemps d'une maladie de langueur et l'on n'avait plus aucun espoir de le sauver*. Ayant appris que l'homme de Dieu se trouvait alors à Comagène, en face de sa résidence, un espoir soudain s'empara de lui : il traversa le fleuve et vint se jeter en pleurant aux pieds de Séverin, en s'écriant : «c Je crois, homme de Dieu, je crois que par tes prières j tu peux obtenir la guérison de mon fils ! » Le saint consentit et se mit en oraison. Au bout de quelques instants, le jeune homme, que l'on avait apporté plus mort que vif et presque entièrement privé de sentiment, revint à lui et, à la grande joie de son père, se leva et marcha. Puis, il revint chez lui en parfaite santé.