I. iBi^., XXVII, a
a. Eug,^ XXVIII, I. Igitur post. excidium oppidorum in superiore parte Danuvii omnem populum in Lauriacum oppidum îransmigrantem qui sancti Severini monitis paruerat,,..
gros de Thuringîens s'empara de la ville. Ce peuple, en effet, faisait cause commune avec les Alamans, partageait avec eux les périls et le butin. Tout ce qu'ils ne passèrent pas au fil de l'épée fut par eux envoyé en captivité*.
Passau prise, la porte du Norique était ouverte. C'est alors sans doute que disparut le monastère de Boitro. Eugippius ne le dit pas, mais on a vu que Séverin n'avait point d'illusion sur la durée de cette fondation', et si le chroniqueur rapporte ses paroles prophétiques, c'est apparemment qu'elles ne furent pas contredites par l'événement.
Aussi les populations se rabattant vers le sud, continuaient à affluer à Lauriacum. La vie y était fort difficile, et la misère poussée à l'extrême.
Séverin continuant son double rôle de chef et d'apôtre, ne cessait de prêcher, de recommander ce qu'il appelait « les armes spirituelles », le jeûne, la prière, l'aumône. En même temps il veillait plus que jamais à l'exacte perception des dîmes. Si leur collation présentait des difficultés nouvelles et insurmontables pour un zèle moins
i. Eug,, XXVII, 3.
2. Eug,^ XXII, I. Quamvis cuncta mortalium opéra constructa prmtereanty hsec tamen œdificia prm eeterîs celerrime relinquenda sunt,,,^
l'invasion des ALAMANS. 149
ardent, jamais elles n*avaient été plus nécessaires. Mais il était secondé par d^admirables dévouements, comme nous le prouve Tliistoire de Maximus qui, chronologiquement se place à Tinstant même où nous sommes arrivés. Cest alors aussi qu'eut lieu la distribution d'huile racontée plus haut et qui nous a fait voir le saint en pleine activité charitable, entouré de ses dévoués auxiliaires.
Cependant, sous la direction de Séverin, et par les soins de Tévêque et de son clergé*, tout ce peuple était armé, organisé. Un service d'informations les renseignait chaque jour sur les mouvements de l'ennemi. En même temps, Séverin s'efforçait de faire adopter un plan de défense d'une conception toute classique, mais que l'histoire nous montre toujours difficilement accepté, si extrêmes que soient les circonstances. Si l'on faisait le vide devant l'ennemi, disait-il, si l'on enfermait dans Lauriacum tout ce qu'on y pourrait entasser de grains et de bestiaux et que l'on abandonnât à l'ennemi un pays vide de subsistances, la famine le contraindrait bientôt à se retirer sur ses terres'. Mais comme on l'avait vu a