‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 59 sur 81 · Eng,^ XXX, 2, Hœc per quatriduum contes tatus · texte numérisé non relu

Eng,^ XXX, 2, Hœc per quatriduum contes tatus

alentours. C'est ce que Tévêque fit répondre à Séverin. Alors celui-ci, venant en personne le trouver lui affirmait, au contraire, en présence de plusieurs témoins, qu'ils seraient infailliblement surpris s'ils n'ajoutaient foi à ses paroles. Et comme tous demeuraient sceptiques : « Je veux, leur cria-t-il, que vous me lapidiez si je n'ai dit vrai. » Une conviction si sûre d'ellemême, soutenue par tant de véhémence finit cependant par les émouvoir, et ils placèrent sur les murailles des sentinelles plus nombreuses qu'à l'ordinaire. Puis, la nuit étant venue, tous ensemble dirent l'office du soir, et enfin ils décidèrent de veiller.

Tout à coup une lueur immense éclaira la ville. Aussitôt tout le monde fut sur pied. On crie, on se presse aux remparts. Vérification faite, ce n'était qu'un magasin de foin qui brûlait, incendié par l'imprudence de l'un des ouvriers qui, à la lueur des torches, entassaient les fourrages apportés de la campagne. Mais cette panique eut un effet inattendu, et dont on ne s'aperçut que le lendemain. Des Barbares en forces s'étaient bel et bien dissimulés, avec T habileté que leur donnaient leurs habitudes de brigandage, dans un bois voisin. Leur présence avait échappé à la vigilance des fourrageurs, mais en voyant la ville subite-

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ment éclairée, en apercevant les ombres qui couraient çà et là sur les remparts, ils s'étaient crus découverts et avaient pris le parti de décamper, n'emmenant pour tout butin qu'un troupeau de bœufs, appartenant à un fermier qui avait refusé jusqu'au bout de se rendre aux représentations de Séverin. Quand le jour fut venu, quelques citoyens s'aventurèrent hors des murs et découvrirent dans le bois des échelles toutes disposées pour donner l'assaut, et que dans leur précipitation à s'enfuir, les Barbares avaient négligé d'emporter avec eux !

Ce fut encore un triomphe pour Séverin. Les habitants vinrent en foule lui présenter leurs excuses. Ils avouaient qu'ils avaient un cœur plus dur que les pierres, puisque, après avoir tant de fois éprouvé la puissance prophétique du saint, ils résistaient encore à ses avertissements. On ajoutait que le salut, cette fois encore, n'avait été dû qu'à ses prières, et l'on rappelait la parole de l'apôtre Jacques : « La prière assidue du juste est toute puissante*! »

Néanmoins, si l'on avait échappé cette nuit-là à l'assaut des Barbares, chacun sentait que le

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