Près da tombeau de saint Fëlix de Côme, martyr
uu établissement à peu près tranquille et stable, il n'était pas sans inquiétude sur le sort qui leur était réservé lorsqu*il n'y serait plus, en attendant le jour prévu par lui où ils devraient abandonner définitivement cette province.
En effet, si les Ruges les avaient jusqu'alors protégés contre les autres Barbares, cette protection était demeurée tyrannique. Le faible Féletliée, dominé par l'altière et capricieuse Giso, ne leur épargnait guère les vexations et se montrait impuissant même à les préserver des mauvais traitements.
Séverin voulut tenter sur leur âme un suprême et énergique effort, et l'histoire nous a conservé le souvenir de l'entrevue solennelle qu'il eut avec eux*. Soit qu'il n'eût plus la force de les aller trouver, soit qu'il le jugeât plus conforme à sa dignité et plus propre à frapper leurs esprits, il les convoqua tous deux dans sa solitude. Ils y vinrent. Longuement le saint les exhorta, leur rappelant qu'ils devaient rendre compte un jour au Seigneur de la conduite qu'ils auraient tenue à l'égard de leurs sujets. Et s'échauffant par degrés, h un moment il posa son doigt sur la poitrine du roi, et s'adressant à Giso : « Que pré-