‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 7 sur 81 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Arrivée de Se vérin en Norique (454). — Il s'ëublit d'abord à Attura. — Insuccès de sa première prédication. — Il te rend à Comagène et sauve cette ville d'une incursion des Barbares. — Mjstère qui entoure la personnalité de saint Sëverin, — Sa réponse au prêtre Primenius qui l'interrogeait sur ses origines. — Saint Séverîn a-t-il eu un frère ? — Saint Séverin fut-il prêtre ?

En Tan 4^4 après Jésus-Christ, arriva dans Astura, petite ville située aux bords du Danube, sur les confins de la Pannonie et du Norique, un homme que nul ne connaissait. Il n^était porteur d'aucune lettre de recommandation qui pût lui ouvrir une porte hospitalière. Il se rendit chez le portier de Téglise, vieillard au cœur simple et droit, qui ne lui refusa pas une place à son humble foyer. Il vécut là quelque temps sans que rien attirât sur lui l'attention. Sa piété, sa fidélité à la discipline catholique, la pureté de ses mœurs, son zèle charitable % lui gagnèrent seule-

I. Etig,, 1, I... morabatur^ vivens juxta evangelicam apO" stolicamque doctrinam^ omnî pietate et caritate prseditus^ in

ment rafiection de son hôte qui conçut pour lui la plus grande vénération. Or, voici qu'un jour cet homme obscur sort de son modeste logement, parcourt les rues de la ville, appelle à Téglise prêtres, clercs et laïques; à cet appel inattendu, la foule s'y rend en effet. Alors, avec l'accent de la plus complète humilité S mais de la plus ardente conviction, l'inconnu avertit ses auditeurs qu'un péril imminent les menace ; les Barbares sont tout proches, ils vont tenter l'assaut de la ville : que l'on ferme les portes, que l'on se mette en défense, mais surtout et avant tout que Ton prie, que l'on se livre aux œuvres de pénitence et de miséricorde. Dieu, à ce prix, détournera peut-être le coup qui se prépare. Mais, c'est en vain. Un peuple incrédule, tout à ses affaires et à ses plaisirs, méprise ses paroles. Les prêtres pas plus que W laïques ne veulent ajouter foi aux propos de cet étranger qui semble se mêler de prophétiser. Il

confessione catholicœ fidei venerabîle propositum sanctis ope" ribus adimplebat,

I. Eug,^ I, a... coepit tota mentis humilitate praedicere^ elc. Il semblerait, d'après le texte d'Ëugîppius cite dans la note précédente (venerabîle propositum adimplebat), qu'il eût déjà commencé sa prédication, mais sans trouYer d'écho, la suite le montre assez. Il fallut l'exemple d'Astura poui' donner crédit à sa parole. Il est visible que cette population avait en horreur les jeûnes et les actes de pénitence que Séverin réussit plus tard à lui imposer.

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