I. Eug^.f III
disait-il, pourront vous' délivrer des tortures de la faim^ » Le peuple comprit, et généralement obéit à ses conseils. Cependant Séverin ne se ooDtentait pas de prier et de présider aux exercices de pénitence. Son activité, Tesprit d'organisation qu'il devait manifester avec tant de forcé, se donnèrent carrière. Il se rendit compte des ressources de la ville. Il ne souffrit pas que Tégoïsme ou rintérét dissimulassent ce qui, dans une commune détresse, devait être d'un cominun usage. Il apprit ainsi qu'une riche veuve, nommée Procula, cachait une grande quantité de froment. Avec l'autorité qu'il tenait de la confiance populaire et qui équivalait à un mandat, il la fit comparaître publiquement : « Pourquoi, lui ditil avec véhémence, pourquoi te fais-tu l'esclave de ta cupidité, qui n'est, comme le dit l'Apôtre, qu'un asservissement aux idoles'? Voici que le moment approche où Dieu prendra en pitié ses serviteurs, et toi tu n'auras plus que faire de ce bien injustement caché. A moins, ajouta-t-il avec dérision, que tu ne montres aux poissons, en jetant ton blé au Danube, cette humanité dont tu as refusé d'user envers les hommes. C'est pourquoi, songe, dans ton intérêt plus encore que dans