L HOMME INTÉRIEUR
le auîre fois, on vil s'arrêter devant le monastère un cliarîol barbare. Un jeune Ruge d*une dizaine d'années y était étendu. IL était atteint d^un mal qui, diaprés la descriptioa du cfironi-* queur, pouvait être une carie des os< Il sauffrait si cruellement que tous ses voisins étaient remplis de pitié. On avait fait appel à tous les secours de la médecine, mais sans succès. La mère de cet enfant, une veuve, le déposa devant la porte et commença à faire entendre des lamentations et des prières* Elle exigeait un miracle : a Eli quoi! 8^ écria Se vérin t fa ut* il que toujours je sois victime d'une fausse renommée I Pourquoi me ' croyez* vous capable de ce que je suis impuissant à faire ? Il n'est pas en mon pouvoir de réaliser de semblables choses. Je ne puis que vous donner un conseil, avec Fexpérience d'un homme qui a déjà éprouve la miséricorde de Dieu* » Et il prescrivît à la veuve de faire aux pauvres quelque largesse, suivant ses facultés. Alors la pauvre Barbare, se dépouillant rapidement des vêtements qui la couvraient, voulait aussitôt les distribuer aux pauvres. Admirant sa naïve ferveur. Se vérin lui ordonna de s'en revêtir et lui fit entendre des paroles d'espoir. Puis il ordonna au£ moines uu jeûne de quelques jours, se mit en prières, et renfant guéri put retourner à pied chez lui. Le
SAINT SEVBIUN*
bruit de cette guérisoti se répandit parmi les Barbares et les remplit d'ëtonnement. Beaucoup refusaient d'y croire. Mais Tenfant se montrait partout, ceu3t qui le conoaissaient attestaient et sa maladie et son rétablissement, et l'on dut se rendre à révidence'. De ce jour, la nation des Ruges fut acquise a Séverio, En foule, ils venaient lui rendre hommage et solliciter son secours dans les maladies^
Il nous paraît certain d'ailleurs que Séverîo faisait appel aux ressources de la médecine.
Homme instruit et accoutumé comme il Tétait à réfléchir sur toutes choses^ il possédait au moins les notions que procure Thabitude de Tobseryation» Plus expérimenté que les hommes parmi lesquels il vivait, souvent il voyait venir le mal, FannoDçail et indiquait les moyens de le préve* nir ou de l'atténuer. Peut-être aussi avait-il appris au désert à connaître Tusage des simples* On sait de quelle puissance est t'exertsice de la médeeme sur les imaginations barbares. Or, il fallait qu'il maintînt son prestige sur ses dangereux clients par une vigilance incessante. Sa cha-