‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 42 sur 64 · I. ^«|r*i XXV lli I, a. Mamanoi ej^empih salutmihtis mut · texte numérisé non relu

I. ^«|r*i XXV lli I, a. Mamanoi ej^empih salutmihtis mut

l'invasion des al amans. 145

nflammé, il les exhortait, leur donDaît l'exemple de la vigibnce et de Texact accomplissement des devoirs que lui-même imposait aux iiitres; ii se multipliait, pourvoyait à tout, et communiquait à ses troupes improvisées une confiance que lui-même ne ressentait peut-être qu^îm parfaitement. Se vérin, en effet, voyait au delà de Teffort présent^ et il connaissait trop bien le caractère de cette population dégénérée pour ne pas appréhender qu'après un premier succès elle ne retombât dans son insouciance habituelle. Aussi quand il la vit prête à combattre et sous Tempire d'un généreux entraiaement, lui promît- Il la victoire au nom de Dieu qui combattrait avec eux; mais il eut soin de les avertir que si, après le succès, ils ne contmiiaicnt à obéir ponctuellement a ses ordres, ils périraient infailliblement*

Quand les Barbares furent en vue, le saint prononça devant Tarmée une prière suprême, et le combat s'engagea'. Il fut acharné de part et d'autre. Enfin les Alamans lâchèrent pied et s'enfuirent.

C'était un beau triomphe. Depuis longtemps [«m avait perdu Thabitude de la victoire, aussi

I, Et^.f XXVH, 1, Non tam mnUrialibus armh quam mncti viri ûrathnibus prsemuniti,

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l^allégresse fut-elle h son comble. Mais Severiii, Idn de se laisser entraîner aux espoirs imprudeDts qu'elle suscilait dans Fesprit des vainqueurs, vit seulement le parti que Ton pouvait lirer de quelques moments d'accalmie* Il ne se faisait aucune îllnsion sur la valeur et la portée d'un succès passager, L'eflFort avait été si grand quUl ne comptait pas qu'il pût être renouvelé. LesBarhareSf furieux d'un écliec imprévu, allaîeni revenir eu forces, stimulés par une rage de vengeance, et infailliblement ils auraient le dernier nioi* Il importait de profiter sans perdre un instant du répit que la victoire laissait aux Romains pour sauver^ non leur ville, mais leurs personnes et une partie de leurs biens.

Le moment était venu d'user de cette autorité qui lui avait été volontairement concédée et dont, par Texigence d'un engagement solennel, sa prévoyance avait assuré la durée au delà d'un éphémère succès. Il rassembla donc les notables de PassaUf et leur parla en ces termes : « Mes filSf n'imputer pas à votre valeur le succès de vos armes, vous savez qu'à Dieu seul vous devez votre délivrance. Mais il vous a sculemenl accordé un répit afin que vous en profitiez pour abandonner ces lieux. Descendez donc tous avec moi jusqu'à Lauriacum. » Il prononça ces paroles

avec une onction pénétrante. Mais le sacrifice qu'il exigeait était trop pénible, surtout pour des vainqueurs. Après quelques instants d'un morne silence, des oLjectious s^élevèrent. Alors mettant plus d'autorité dans son accent : n Ce que vous voyez, s'écria-t-il, n'est rien encore! Le lieu où je vous propose de vous retirer ne doit être qu'une étape. La poussée des Barbares sera irrésistible, et il nous faudra abandonner Lauriacum comme nous devons dés a présent quitter Passau, Partons donc d'ici, et linlons-nous*. »

Entraînés par cette conviction, la plupart des habitants de Passaa préparèrent en bâte leur émigration et abandonnèrent leurs foyers, A la suite du saiiit, ils descendirent la vallée du Danube et s'établirent à Lauriacum,

Us y rencontrèrent une immense multitude qui fuyait devant les Barbares et cherchait comme eux un refuge dans celte place, la plus forte du Norique riverain*^ Quant à ceux des habitants de Passau qui n'avaient pu se résoudre à quitter leurs maisons, ils payèrent cber leur insoumission. Une semaine s'était à peine écoulée, qu*un

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