LA PROVINCE DE RORIQUE
entraîna des persécutions, car une prétention des iriens était, quand ils en avaient le pouvoir, de contraindre les catholiques à subir im second baptême hérétique.
Dans ce chaos, qn*était devenue Tadininistration romaine? Des magistrats impériaux énumérés par la Noiilia digiikalum^ il n'en subsiste pas un» Sans doute les villes continuent à s'administrer tant bien que mal municipalement, mais on ne relève pas trace d\ine entente en vue de la défense commune. Quelques garnisons romaines existaient encore, mais faibles, presque toujours impuissantes, sans solde régulière, sans relations suivies avec la métropole ^ comm^e oubliées. Quand Odoacre, en 4^8, ordonna aux Romains de quitter cette province en déclarant que le Norique ne faisait plus partie de TEmpire, il prodamait une vérité de fait, vieille de plus de trente ans.
Ainsi abandonnés, on conçoit comment les habitants du Norique et de la Pannonie, incapables de se défendre eux- mêmes » avaient été réduits à conclure des sortes de pactes avec des Barbares qu'ils chargeaient de les protéger contre d*autres Barbares. Ils ne faisaient en cela que suivre l'exemple plus que séculaire de rEmpire- Il est vraisemblable que Favianes et d'autres
bourgs furent lïiîa ainsi en possession des Rtiges. rroteetîon crailleurs souvent illusoire et toujours nchetée au prix de la plus liumiliaaie sujétion. Illusoire , car Tîm prudent qui allait recueillir se^ fruits à quelques milles de la ville risquait d'être enlevé ou lue; illusoire, car trop souvent les Alaniâns d'un côté» les Gotlis de T autre, et les Scamares partout, se riaient de Topposîtion des Ruges, leurs rivaux et parfois leurs complices. Il est certain qu'ils ne purent empéclu^r les habitants de Quintana d'être chassés de leur ville, réfugiés a Bat a vis, d'être contraints de se replier encore avec les habitants de Bâta vis eux.-mèmeSi et ainsi de suite jusqu'à Lauriacum qui dut ellemême être abandonnée pour les cités un peu plus tFânquilles du Norique orieniaL Protection tjiimnique! Même quand ils n'avaient pas d'inieations hostiles, les Barbares pesaient lourdemeot sur le pays. Leurs rois ne voyageaient qu'accompagnés d'un nombreux équipage ; quand ils pas* saient par une ville, ce n'était pas assez de subvenir à leurs besoins immédiats^ on devait satisfaire à tous leurs caprices. Puis c'étaient des réquisitions de toutes sortes. Il fallait fournir leurs hommes même de vêtements. Pour protecteurs qu'ils se prétendissent et fussent parfois des Romains, les Ruges étaient loin d'être de