‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 106 sur 328 · Anse-Marie Martinoszi.-» 7. Laura Martinoizi · texte numérisé non relu

Anse-Marie Martinoszi.-» 7. Laura Martinoizi

ceilx qu'il avait su amasser, non dans un long cours d'aboqdance et de prospérités, mais du sein de la misère publique et des guerres civiles, qu'il avait allumées, et des étrangères, qu'il trouva, qu'il renouvela^, qu'il entretint jusqu'à un ^n près de sa mort.

« Le cardinal de Richelieu et lui ont en la même maison militaire que nos rois, des gardes, des gens d'armeSj des chevau-légers, et le dernier des mousquetaires de plus, tous commandés par des seigneurs et par des gens de qualité sous eux. Personne n'ignore que le père du premier ipar6chal de Noailles passa immédiatement de capitaine des gardes du cardinal Mazarin à la charge de premier capitaioe des gardes du corps, et que le marquis de Chandenîer, dont la valeur et la vertu ont été si reconnues, et chef de la maison de Rochechouart , fut le seul des quatre capitaines des gardes dépossédés pour la ridicule affaire des Feuilfants de la rue Saint-Honoré', qui ne put être rétabli parce qu'il ne

' 1. Je note ce mot en passant. Mazarin avait trouve la guerre allumée contre tes deai branches de la maison d'Autriche r il termina la guerre contre la branche allemande par la paix de Wesiphalie, et la guerre contre la branche espagnole par la paix des Pyrénées. J'ignore ce que Saint-Simon entend par les guêtres étraagères que Mazarin renouvela.

% L'aifaira à laquelle Saint-Simon tait allusion avait eu lieu le 15 aoQt i648. Voici le récit qu'en a donné Olivier d'Ormesson {/oumaZ, 1. 1, p. 553) : « Le roi étant à la procession dans les Feuillants, les archers du grand prévit, qui n'ont droit que de tenir la porie de la rue, prirent la porte du cloître, d'où ayant refusé de sortir au commandement de M. de GesTrea^ capitshie des gardes, il fit main basse sur eux, et denx furent tués à coups de hayile])iard& Cela fit bruit. M. le cardinal Mazarin, qui étoit auprès du roi, envoya M. Le TelUer demander le bâton à M. de Oesvres, avec ordre de ae retirer. M. de Gesvres refusa de lui donner le bâton, disant avoir fait serment de ne )e vendre qu^att roi. La reine étant de retour au Val-de-Crtice traita M. de Gesvres d'étourdi, lui redemanda le bAton^ lequel il rendit» et se retira. M. le comte de Charrost, étant commandé de prendre le bâton, refusa, disant qu'il étoit autant criminel que M. de Gesvres, qui n'avoit rien fait que dans Tordre et par son avis. M. de Chandenier fut ensuite mandé et refasa de même. M. de Tresmes, père de M. de Gesvres, vint se plaindre que son fils ayant fait une faute, Ton eût voulu donner le bâton k un autre qu'à lui, à qui la charge appartenoit; que Ton ne dépossédoit point ainsi les offî* ciers de France. Il eut ordre de se retirer chez lui. Aussitôt la reine pourvut i la charge de M. de Charrost et mit en sa place Jarzé, qui prôta le serment

le pouvait être qu'aux dépens du domestique du cardinal Mazarin, à qui sa charge avait été donnée. »

Les accusations générales contre Mazarin, lancées par Saint-Simon avec une violence qu'il n'a pas dissimulée , peuvent se résumer en cinq points :

!• Ce ministre a retardé par intérêt personnel la conclusion de la paix de Westphalie;

2« II a provoqué les troubles de la Fronde ;

S* Il a manqué d'habilelé dans les négociations de la paix "des Pyrénées ;

4* Il a avili la noblesse et élevé les gens de rien ;

5« H a amassé d'immenses trésors et s'est entouré d.e gardes, comme le cardinal de Richelieu,

Je ne discuterai pas le dernier point : tout le monde sait, ëti effet, que Mazarin laissa une immense fortune et qu'î^ avait, comme Richelieu, une maison militaire. Je ne cherche ni à justiGer l'avidité de Mazarin ni à faire l'apologie de sa conduite. Mais les assertions de Saint-Simon, relatives à la paix de Westphalie, aux troubles de la Fronde, aux négociations des Pyrénées et rabaissement de la noblesse^ me paraissent contestables. Il les énonce cependant d'un ton tranchant et absolu qui ne semble admettre comme possible aucune contradiction. Ces quatre griefs peuvent se ramener à deux : l"" la politique extérieure de Mazarin; 2° son admi-nistration intérieure, considérée surtout dans ses relations avec la Fronde et avec la noblesse. Il est nécessaire de les étudier successivement pour apprécier la valeur des accusa** tiens de Saint-Simon.

de capitaine des gardes, et en celle de M. de Chandenier^ M. de Noaillos. » OHTicr d'Ormesson ajoute (p. 554) : « Chacun étoit fort indigné de ce procédé. L'on disoit que M. le cardinal avoit pris cette occasion pour mettre de ses créatures près du roi et s'en rendre maître ; que la reine, qui e^t très^ roU'rey Tavoit fait pour se venger, et disoit que, si on Tedt laissée en user de mC-me a' ec le parlement, elle en ssroit présentement la maîtresse. »

POLITIQUE EXTÉRIEnRE DE HAZARIN.

Hazarin succédait à Richelieu : il poursuivait comme lui rabaissement de la maison d'Autriche, dont les deux branches dominaient en Allemagne, enltalie^en Espagne et en Belgique, et menaçaient les Provinces-Unies et les États Scandinaves (Suède et Danemark). Il a réussi à maintenir les alliances françaises dans le nord de TEurope, en Hollande, en AilemaL'ne et en Italie; il a affranchi les États secondaires de l'Empire de la domination autrichienne, a donné à la France la frontière du Rhin (Alsace), des Pyrénées (Roussillon) et une province considérable des Pays-Bas espagnols (l'Artois). Ce sont là des résultats importants. On a prétendu qu'il aurait pu faire davantage. Lui-même l'aurait souhaité à en juger par la lettre suivante qu'il adressait aux plénipotentiaires de Munster * : « L'acquisition des Pays-Bas * formerait à la ville de Paris un boulevard inexpugnable, et ce serait alors véritablement que l'on pourrait rappeler le cœur de la France et qu'il serait placé dans l'endroit le plus sûr du royaume. L'on en aurait étendu la frontière jusqu'à la Hollande, et du côté de l'Allemagne, qui est celui d'où Ton peut aussi beaucoup craindre, jusqu'au Rhin par la rétention de la Lorraine et de l'Alsace, et parla possession de la coraié de Bourgogne (Franche-Comté). »

Si Mazarin n'a pas réussi à donner à la France ses frontières naturelles, s'il n'a pu affranchir entièrement ['Italie de la domination autrichienne, on devra reconnaître qu'il n'a du moins rien négligé pour y parvenir. Sa politique

1 . Voy . los Ni^gocialions relatives à la succession d'Espagne j par M. Mignel, t. I, p. 178.

2. II s'agil ici des Pays-Bas espagnols, qui correspon ent à peu près aa . royaume actuel de Belgique.

extérieure a été entravée par les obstacles que lui opposa la Fronde, et il serait inique de le rendre responsable des fautes de ses adversaires. Ils n'ont pas hésité à .sacrifier Tintérét national à leurs intérêts personnels. Ainsi Condé s'allia avec les Espagnols, qui enlevèrent à la France J)unkerque» une de ses plus glorieuses conquêtes. Les frondeurs voulaient leur livrer Bordeaux et d'autres places maritimes de la France. Rien de semblable ne saurait être reproché à Mazarin. On pourra s'en convaincre en suivant sa politique extérieure sar les points principaux, en Italie, en Allemagne, en Espagne et dans le nord de l'Europe.

Commençons par l'Italie. Ce pays était depuis Charles- Quint soumis à la domination espagnole. Les Deux-Siciles et le Milanais étaient gouvernés par des vice-rois espagnols ; la plupart des petits souverains de l'Italie, les ducs de Toscane, de Parme et Plaisance, de Modène, et les papes euxmêmes tremblaient devant la cour de Madrid. Venise était annulée. Restait la maison de Savoie, qui, depuis Henri IV, était entrée dans l'alliance française. Richelieu avait soutenu la duchesse de Savoie, Christine de France, contre les intrigues espagnoles. Mazarin suivit la même politique : à peine arrivé au pouvoir, il envoya en Italie son secrétaire, Hugues de Lyonne, qui a été dans la suite un des ministres les plus éminents de Louis XIV, avec la mission de visiter les princes italiens. De Lyonne s'arrêta surtout à Parme où régnaient les Farnèse, à Modène soumise à la maison d'Esté, et à Florence où les Médicis ne brillaient plu? que par le souvenir de leurs ancêtres. Il travailla à réconcilier ces princes et la république de Venise avec le pape Urbain VIII. Le traité fut signé, en 1644, sous la médiation de la France, qui prit dès cette époque une forte situation dans l'Italie centrale, en même temps qu'elle opposait dans le nord la puissance du Piémont à celle des gouverneurs espagnols de Milan. La correspondance de Mazarin avec M. d'Aiguesbonms, qui représentait la France à Turin, atteste avec quel zèle et quel

succès le cardinal entretint et resserra l'alliance entre leà deut régentes de France et de Savoie»

Malheureusement le saccès de cette habile politique fet compromis par la mort du pape Urbain YIII (Barberini). IL eut pour successeur; en 1644, innocent X (Pamphilio)/qul se déclara ouyertement en faveur de l'JQspagne. Le nouveau pape laissa sans pasteurs les églises de Catalogne et de Por^ tugsd, parce que ces deux pays étaient en guerre avec rSs-** pagne. Dans une promotion de huit cardinaux qui eut lieu* au commaicement de sori pontificat, il ne nomma que des ennemis de la France. Cette partialité d'Innocent X menaçait de rendre aux Sq)agnob la supériorité en Italie* Maza^' rin, pour lutter contre les dispositions du pape, envoya à' Rome M. de Grémonville (Nicolas Bretel), ambassadeur de France à Venise. Grémonville essaya d'abord de gagner' Innocent X, et fit pressentir au pape que le roi accorderait quelque gratification à son neveu , le cardinal Pamphilio. c Sans medonndr le loisir d'achever, ajoute l'ambassadeur % il me demanda si Sa Majesté désirait donner quelqira abbaye à son neveu. Je ne crus pas devoir différer d'offrir une ' chose qui était demandée avec tant d'avidité. Je lui expli- i quai la pensée de Sa Megesté en faveur du cardinal Pam« philio ^ , exagérant le plus que je pus la grandeur du bienfait et la grâce dont on raccompagnait. Alors le visage du pape se rasséréna et sembla rajeunir de dix an^, et son éloquence redoubla pour mieux faire ses remerdments, en disant : Vous a/oez itè ks premiers à nous gratifier. >

Mais Innocent X, après avoir accepté le présent, ne se soucia plus des réclamations de la France. Il éluda les demandés relatives à la Catalogne, au Portugal et à l'archevêque de

1. La correspondance de Nicolas Bretel de Grémonville est coo^enrée à la Bibliothèque impériale. Ce personnage ne doit pas être confondu, comme Tont fait quelques biographes, avec son fràre, Louis Bretel de Gt-émontiUe, chevalier de Malte, qui fut plus tard ambassadeur à Vienne.

2. li s'agissait du don de Tabbaye de Corbie, qui valait vingt-cinq mille livre» de reûtg. ,

TrèTei, ddotkPranoe prenait h défense contre la maison d'Autriche. Bien plus, dans sa partialité pour TEspagne, il assura l'impunité aux sicaires dont .l'ambassadeur de cette puissance se servait pour intimider ses ^nemis; il laissa sans vengeance l'attentat commis sur un d^uté du dengé de Portugal, vieillard respectable qui s'était mis sous la protection de la France. « Gonune il revenait de la Madooa del Popolo, écrit GrémoQville en mars 1645, parmi tout le peuple de Rome qui venait de voir passer une cavalcade des ambassadeurs extraordinaires de Lucques, il fiit attaqué par cinquante bandits napolitains ou domestiques de l'ambassa*deur d'Espagne, lesquels, à coups d'arquebuse et d'épée, se ruèrent sur son carrosse, tuèrent un gentilhomme qui était avec lui, blessèrent grièvement son cocher, et ayant tiré sur lui trois coups dont ils pensèrent l'avoir tué, le laissèrent sur la place sans que néanmoins il ait été blessé. Ensuite • ces assassins se retirèrent effirontément à la barbe des sbires, dana le palais de l'ambassadeur d'Espagne. »

GrémosviUe^ décidé k obtenir satisfaction ou à rompre avec Innocent X , lui demanda audience sur-le-champ et fit entendre les plaintes les plus énergiques. « Dès le lendemain , lui dit-il, on saurait s'il serait pape ou non, c'est-à-dire s'il voulait régner avec autorité ou se rendre honteusement le agielan des Espagnols. » Grémonville exigeait que dans le^ vingt-^quatre heures l'ambassadeur d'Espagne livrftt les assassins ou sortit des États pontificaux. En cas de refus,, il menaçait de quitter lui-même Rome avec tous les Français» Inwoent X tergiversa, et l'ambassadeur reconnaissant que la force seule pourrait changer les dispositions du pape envers la France , rompit avec lui et quitta Rome vers la fin d'avril 1645.

Ce fut alors que Mazarin résolut de porter un coup décisif pour cpnserver et étendre l'influence de la France en Italie. Il fit équiper une flotte à Toulon et en donna le commandement à l'amiral de Brézé , avec ordre d'aller attaquer les

présides de Toscane. On désignait sous ce nom plusieurs villes que les Espagnols possédaient dans l'Italie centrale, et au moyen desquelles ils essayaient de maintenir ce pays sous leur domination, pendant que le duché de Milan et le royaume de Naples leur assuraient la possession des deux ' extrémités de la péninsule. Le but avoué de l'expédition française était Tattaque de ces présides de Toscane. Mais le cardinal avait d'autres desseins qui furent enveloppés d'un si profond mystère, que les historiens les ont complètement ignorés.

Mazarin avait fait étudier avec beaucoup de soin par de Lyonne et par d'autres émissaires français ou italiens la situation de toute la péninsule et particulièrement celle du royaume de Naples. Un mémoire*, qu'on lui remit vers 1645, parle de l'irritation profonde qui se manifestait dans cette contrée et annonçait une révolution. L'auteur du mémoire faisait remarquer que les Napolitains avaient été systématiquement exclus du gouvernement de toutes les places du royaume ; mais en signalant leur disposition à secouer le joug de l'Espagne, il ajoutait qu'ils ne voudraient pas que cette domination fût remplacée par celle de la France. La vivacité française, disait l'envoyé de Mazarin, inquiétait les Italiens et provoquait leur jalousie *. Ce qu'il leur fallait , c'était un roi italien, choisi hors du royaume de Naples , afin d'éviter les rivalités qui divisaient les grandes familles de ce pays. Le mémoire se terminait par l'indication de plusieurs points de la côte où l'on pouvait débarquer en toute sécurité et surprendre les places qui n'étaient pas suffisamment pourvues de vivres ni de garnisons.

1. J'ai publié ce mémoire dans V Appendice au t. II du Journal d'Olivier d'Ormesson,

2. « Ils ont éprouvé, dit l'auteur du mémoire, que les François ne peuvent oublier leur nature libre et leur familiarité trop grande dans la pratique de leurs femmes, et la conversation qu'on ne leur peut ôter, point si sensible aux regnicoles et à toute Tltalie, que la moindre cliose en cela les offense en honneur et en réputation. »

DES. MÉMOIRES DE SÂlNT-SIMON. 199

Ainsi renseigné sur la vraie situation du royaume de Naples, Mazarin résolut de choisir, pour en occuper le trône, un prince italien dévoué à la France, d'une puissance médiocre et hors d'étol de se soutenir seul contre l'Espagne. Le prince Thomas de Carignan, d'une branche cadette de la maison de Savoie, réunissait ces conditions. Après avoir élé pendant plusieurs années à la solde de l'Espagne, il s'était attaché, dès le temps de Louis XIII et de Richelieu, à l'alliance de la France, etMazarln comptait sur son dévouement. D'ailleurs le cardinal se réservait de prendre ses précautions avec lui et de s'assurer, au cœur même de l'Italie, de places fortes qui rendraient le pape plus impartial et tiendraient en échec le roi des Deux-Siciles. Enfin, prévoyant le cas où le prince Thomas de Carignan viendrait, par la mort de son neveu, à hériter du Piémont, et à réunir Naples et Turin sous un même sceptre, il exigeait que la Savoie fût remise à la France, et donnait à ce royaume sa frontière naturelle du côté de l'Italie.

Ce fut d'après ces principes que fut rédigé un traité secret entre le roi de France et le prince Thomas. Il ne devait être ratifié qu'après la prise d'Orbitello, une des villes ou présides de Toscane au pouvoir de l'E.spagne. Le siège fut entrepris au mois de mai 1646; mais la mort de l'amiral de Brézé tué dans une bataille navale, les maladies qui décimèrent l'armée française, le retard des secours qu'on lui envoyait, firent échouer l'expédition. Mazarin, qui y attachait la plus haute importance, ordonna immédiatement l'équipement d'une nouvelle flotte. Malgré l'état déplorable des linances, les préparatifs furent poussés avec vigueur, et une flotte française parut sur les côies de Toscane peu de temps après l'échec d'Orbitello. Une autre ville de Toscane, Piom-

1. J'ai publié le texlc de ce traité dans VAppendice au t. II du Journal 'VOlirier d'Ormesson. L'intrution de le tenir secret était si formelle, qu'il ctait rrcommandé à rinlendant de rarmi'e, ainjucl on loniit le document •.niiïré, «« de le dtchiffrer lui-même sans la parlicijKiLitjn <le(|ui . ue ce soit. »

200 EXAMEN GRITIQUE

biod^ fût assiégée et prise par les Françate. Le pape Inno*^' cent X, intimidé, prodama Gardioal le frère delfazaria et d'engagea à observel* une stricte neutralité entre la francset l'Espagne. Ce fut là que s'arrêtèrent 1^ succès de la poli^ tiquefrançusô en Italie, et les ennemis de Mazarin ne manquèrent pas de répéter qu'il n^aTait eu qu'un seul but, con*^ quérir pour son frère le chapeau de cardinal. Les acteâ. authentiques, que nous avons cités, prouvent que ses mes étaient plus élevées. S'il manqua Naples, e^est que le mourement ^populaire qui y éclata, et dont le chef était Thomas Anîello (Masaniello), fut mal dirigé et bientftt comprimé par. l'atiatocratie. Une nouvelle insurrection napolitaine eutiieu» cnil647; mois la flotte française était éloignée. Le duc dÊ< Guise qui se mit à la tête du mouvement napolitain n'était qu'un héros de roman, et d'ailleurs la Fronde qui comment gait et soulevait contre le ministre une aveugle opposition le pjrivdit des ressources nécessaires pour continuer une guecre: lointaine.

£n résumé, la politique française en Italie avait maioÊenset resserré Tallianoe avec la maison de Savoie, formé «ucentre de la péninsule une ligue opposée à l'Espagne et para* lysé le mauvais vouloir d'Innocent X. Si Mazarin n'affran*- (Âiit pas le royaume de Naples» ce ne fut ni le désir m l'habiletéqui lui manquèrent. U avait tout préparé pourle-succès; mais la mort de l'amiral, l'échec d'Orbitello et surtout les troubles de la Fronde s'opposèrent à la réalisation de ses plans.

. Bu Allemagne et en Belgique, le cardinal montra la môme habileté et obtint des succès plus éclatants. Les généraux françaisi, agissant de concert avec la Suède et la Hollande, remportèrent sur les deux brandies de la maison d'AutrichC' des victoires, qui réduisirent les ennemis à demander la paix. Des négociations furent entamées à Munster et à Osnabrûck. La Erancç y fut représentée par d'Avaux et Servien, auxquels on adjoignit plus tard le duc de Longueville. Claude de

Masmes^ comlû d'Avaux, dent Samt«SiiQoa fiiit un si bryianc éiogeS éttit d'âne famijle parlementaire qui occupait on rang éleré. Abel Senrien> fonné.à l'école de Hicbelien, était le confident de Mazarin» et ce fat lui qui eut rb(mneui^ de signer les traités d'Osnabruck et de Munster. Les difficultés' de la négociatien étaient considérables : il fallait calmer les* défiances des Hollandais, qui craignaient de voir à leurs portes im voisin aussi puissant que la France, retenir dans notre alliance les Suédois dont les années menaçaient l'Au** triche, faire marcher vers un même but une multitude de petits princes allemands opposés d*intérôt et de rel^;ioo^ enfin déjouer les intrigues des Impériaux et des Espageok. Pendant plusieurs années les ambassadeurs françjus lufr-* tèrent contre ces obstacles; mais leurs divisions compila* quaient encore les difficultés, et Hazarin finit par rappeler d'Avaux et laisser ^rvien seul^shargé de la conduite des négociations. Les Provinces*Uniea se séparèrent alors de la? France, et conclurent avec TEspagne un traité qui laissait! miomber âur la France le poids principal de la guerre. On néosait mieux avec la branche allemande de la maison d'Autriche, et les Iraitéci de Munster et d'Osqabriiok ter*minèrent la guerre^ d'Allemagne à l'avantage de la Suède et de la France. Cette dernière obtint l'Alsace, pendant que la Suède s'établissait solidement dans L'Allemagne sep« tentrionale.

Dès 1648^ on attaqua vivement la conduite de Maearitf dans les négociations de Westphalie. Chavigny, initié sons le ministère de Richelieu à la politique extérieure, loi reprocha, dans un mémoire rempli d'amertume^, d'avoir prolongé la; guerre, sacrifié d'Avaux à Servien , perdu par sa faute roc** casion de traiter avantageusement avec l'Espagne et poussé

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