‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 110 sur 328 · tozarm oublie la «abala des Importants en · texte numérisé non relu

tozarm oublie la «abala des Importants en

î. Urbain VIII.

3. L» conférences de Munster s'ouvrirent en décembre 1644. Les EspagnoU. demandèrent d'abord que Ton rendit, de part et d'autre, les places prises depuis le commencement de la guerre. Voy. Vnistoire de la paix de West* pkalie, par le P. Bougeant.

pièces en œuvre pour leur imprimer que j'ai empêché la paix, savent bien le contraire, et, pour faire paraître leur malice à la vue de tout le monde, il ne faut que donner au public toutes les dépêches qui ont été envoyées à Munster, et les lettres particulières que nous nous sommes écrites, M. de Longueville, H. d' A vaux, M. Servien et moi, sur ce sujet*.

« Ces critiques malintentionnés étaient préparés à médire età brouiller, quelque chose qu'on pût faire dans l'assemblée ; et bien plus, si la paix se fût conclue, comme ils en eurent quelque crainte, durant un temps dans lequel je me souviens qu'ils publiaient déjà que Ton relâchait trop , et que la reine étant sœur du roi d'Espagne , et moi un étranger, nous voulions , aux dépens de la France, contente)* les Espagnols ^ ; qu'à moins d'avoir cette intention, on ne consentirait pas à mettre les armes bas, lorsqu'elles agissaient avec tant de bonheur contre un ennemi qu'il était impossible de réconcilier sincèrement avec cette couronne; que sortant du mauvais pas où il était, il donnerait bon ordre à ses affaires et prendrait son temps pour recommencer la guerre, quand il verrait jour à le pouvoir faire avec avantage, et mille autres

1. La plupart de ces lettres ont été publiées dans un recueil en 4 vol. in-P intitulé : Négociations secrètes touchant la paix de Munster,

2. Saint-Evremond ne manque pas, en effet, dans la lettre, qui paraît si concluante à. Saint-Simon (voy. plus haut, p. 190), de présenter TEspagnc ajrame perdue, si Maziirin ne se fût trop hâté de conclure la paix. Après avoir commencé par des éloges ironiques sur les vertus chrétiennes qui ont porté le cardinal à la clémence envers ses ennemis, il continue ainsi : « Si vous voulez que je vous dise sérieusement les mômes vérités sous un autre tour, vous saurez qu'il n'y avait plus de monarchie espagnole dans la continuation de la guerre; encore l'eussions-nous fort affaiblie par la paix, si M. le cardinal ne l'eût pas voulu traiter lui-même sans la participation de jlftrsonne, etc.» Des Mai seaux, qui cite la Lettre sur la paix des Pyrénées dans sa Vie de Senint- Ét'remond dédiée à Bayle, ajoute, en s'adressant à ce dernier : « Vous avez observé vous-même, monsieur, que le cardinal Ta conclue si avantageusement pour VEspagne et si désarantageusement pour la France que les plus éclairés ont cru qnii n'en usa de la sorte que par l4^s prières ou 1rs cotnmandements de la reine mère^ en q\n le roi son mari avait toujoftrs remarqué v^ cœur espagnol. »

cbo86s semblables qu'on apprêtait pour pouvoir me déchi- TidT, quelque événement qu'eût eu la négociation de la paix.

« Et doutera^t-on que leur malice ne se fût portée encore plus avant, si on fait réflexion sur ce qu'ils ont dit sur la paix d'Allemagne S quoique les Espagnols aient assez fait paraître, par le déplaisir qu'ils en ont témoigné, le préjudice qu'elle leur causait, et qu'ils aient remué toutes pierres, et employé, à Vienne et ailleurs, tout leur crédit et leur adresse avec beaucoup de soin pour l'empêcher? On a compté pour rien l'acquisition d'une si belle, grande et opulente province, comme l'Alsace, et de deux places sur le Rhin, comme Brisa ch^ et Philipsbourg, aussi bien que d'avoir réuni à la couronne les trois évêchés * avec toutes leurs dépendances. Enfin mes censeurs et ceux qui font le plus de bruit et de mal parleurs brouilleries sont cause qu'on n'a pas contraint les Espagnols à donner les mains à la paix, et ils veulent que j'en sois criminel, et que j'aie un grand tort de m'être employé pour la conclusion de celle d'Allemagne. »

La réponse de Mazarin ne manque ni d'habileté ni de vraisemblance. II invoque avec raison les résultats sérieux obtenus par la France, la conquête d'une riche province et de deux places qu'elle n'a plus , Vieux-Brisach et Philipsbourg, qui lui livraient le passage du Rhin. Ce traité, qui donnait déjà à la France une si grande influence en Allemagne, Mazarin le compléta par les négociations qu'il entama avec les princes de l'Empire à la mort de Ferdinand III (1 657). Saint-Simon s'est bien garde d'en parler. Il aurait été obligé de montrer la ligue du Rhin déférant à la France le protectorat de l'Allemagne occidentale. Les électeurs deMayence, de Cologne et de Trêves, le duc de Bavière, l'évoque de Munsler, le roi de Suède, les ducs de Brunswick et de Lunebourg et le

1. La p;iix de Weslphalic. — 2. Vieux-Brisach, sur la rive droite du Rhin.

3. Les évêchés de Toal, Metz et Verdun, conquis au seizit*mc siècle, ne furent définitivement a)>andonnés far I*Km])ire ;'i la France qu'au traité de Wcstphalie.

landgrave de Hesse-Gassel signèrent, en 1658, cette confédération avec Louis XIV. Les comtes de Waldeck, le landgrave de Hesse-Darmstadt , le duc de Wurtemberg, Tévêque de BMe, l'électeur de Brandebourg, Tévêque de Strasbourg, les margraves d'Anspach y accédèrent dans les années suivantes. Le roi de France devint le protecteur de la ligue du Rhin. « Louis XIV, dit M. Mignet*, était le chef réel de l'Empire; il ne s'élevait aucune dissidence entre les membres du corps germanique^ il ne survenait aucun embarras dans la conduite des affaires, sans qu'on recourût à sa médiation ou à sa puissance. »

La guerre contre l'Espagne continua jusqu'en I65d. La paix des Pyrénées, qui la termina et que Mazarin négocia en personne avec le principal ministre d'Espagne, don Louis de Haro, donna à la France le Roussillon et la Cerdagne, ainsi que l'Artois. On voit que le cardinal s'avançait prudemment' vers les frontières naturelles du royaume; il touchait au sud les Pyrénées, et entamait au nord les Pays-Bas espagnols. Il est facile de rappeler, ainsi que le fait Saint-Simon , la lettre où un bel esprit, comme Saint-Ëvremond, lance contre le ministre des traits satiriques. L'esprit est toujours de mise en France, surtout lorsqu'il s'exerce aux dépens du pouvoir. On peut, toutefois, s'étonner que Saint-Simon, qui reproche à Mazarin de n'avoir pas voulu traiter avec les Espagnols en 1648, se mette du parti de ceux qui l'accusent d'avoir signé la paix en 1659, et de l'avoir signée si avantageusement. Mais ces contradictions ne lui coûtent pas, pourvu qu'il puisse déchirer le cardinal et venger les prétendues injustices fttites à son père.

Sans nous arrêter plus longtemps à de pareilles accusations, nous opposerons aux pamphlets de Ghavigny, au persiflage de Saint-Évremond et aux vagues attaques de Saint- Simon , le jugement grave et réfléchi d'un éminent historien

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