Niçœiaiioni pour la tucces$ion d* Espagne, t. I, p
tout que nous le trouvons inférieur à Richelieu. Au lieu d'ouvrir largement , comme l'avait fait ce ministre, les sources de la richesse nationale, le commerce et l'industrie, Mazarin les négligea. La marine fut abandonnée, ainsi que les colonies. Pour subvenir aux dépenses des longues guerres qu'il fallait soutenir contre les deux branches de la maison d'Autriche, Mazarin s'adressa aux traitants; leurs spéculations ruineuses pour l'État enrichirent le cardinal et quelques 6nanciers,^ pendant que la misère dévorait les campagnes. Sur ce point, Saint-Simon aurait triomphé, s'il eût réellement connu Tadmiiiistration de la France. Mais au lieu d'insister sur ces questions, il accuse Mazarin d'avoir provoqué la Fronde et établi le système de gouvernement dans lequel il se plaint de voir la France emprisonnée ^ Ces deux reproches sont peu fondés.
La Fronde a été un mouvement spontané des parlements et de l'aristocratie, comprimés par Richelieu et s'efforçant de reconquérir les privilèges qu'on leur avait enlevés. A peine Anne d'Autriche avait-elle été déclarée régente que déjà la cabale des Importants voulait saisir le pouvoir (1643), et il fallut un coup d'État, l'emprisonnement du duc de Beaufort et l'exil de plusieurs personnages considérables, pour empêcher ces ambitieux d'imposer leur tutelle à Anne d'Autriche. Les attaques continuelles du parlement, le poids trop réel des impôts qui écrasaient la classe moyenne, l'ambition des grands disposés h tout sacrifier à leurs intérêts, ne cessèrent de troubler la France de 1643 à 1648. La journée des barricades ne fut que la dernière explosion de ces haines habilement fomentées, des ambitions inassouvies et de toutes les passions que les victoires de la France étaient loin de désarmer. Les magistrats institués pour rendre la justice se regardaient comme les représentants de la nation et se proclamaient supérieurs aux États-Généraux, par la bouche