‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 113 sur 328 · Voyez plus haut, p · texte numérisé non relu

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d'uD grave président^ Henri de Mesmes^ Les dépositaires du pouvoir royal pouvaient-ils, sans manquer à leurs devoirs, soufGrir une pareille usurpation? Les carnets' de Mazaxiu attestent rétonnement profond de ce ministre à la vue du pouvoir souverain contraint de négocier avec le parlement : « C'est une chose étrange, écrivait-il', qu'insensiblement le roi se réduise à traiter d'égal à égal avec le parlement sans que la reine le puisse empêcher, puisque les personnes les plus considérables auprès d'elle donnent par leur conduite les mains à cela. »

Les grands personnages, dont parle Mazarin, étaient sans doute Gaston d'Orléans et le prince de Gondé. Le premier, dominé par d'indignes favoris comme l'abbé de La Rivière, n'avait ni la force de saisir le .pouvoir ni la patience de le supporter. Agité, inquiet, remuant, sans autre mobile que la jalousie contre toute supériorité et les caprices que lui suggéraient ses favoris, il usa sa vie dans de misérables inr trigues, trahit ceux qui s'attachaient à sa fortune et salit son nom par une indigne faiblesse. Le grand Condé était un tout autre homme : il avait couronné de lauriers le berceau de Louis XIY, et personne n'avait porté aussi haut que lui la gloire des armes françaises ; mais avide, insolent envers le cardinal, prétendant imposer ses volontés à la reine, il devint bientôt intolérable. Mazarin chercha à le ramener par la modération et dicta à la régente la conduite qu'elle devait tenir envers ce redoutable adversaire : « La reine, écrivait-il sur ses carnets \ doit se tenir grave avec M. le Prince, sans lui faire pourtant incivilité ; mais elle ne doit pas entrer en grands discours et conversations avec lui, afin que, reconnaissant que sa conduite impérieuse n'est pas approuvée', il

1. Voy. le Jottmal SOUvier d'Ormesson, 1. 1, p. 698, et la note 1 de cette

2. Les carnets de Mazarin font partie des manuscrits de la Bibliothèque impériale \ on y trouve les pensées intimes du cardinal.

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