ANNB D AUTRICHE ET MAZARIN
Mélange de vérités et d'erreurs dans les assertions de Saint-Simon sur Anne d'Autriche et Mazarin. — Il prétend à tort qu'Anne d'Autiiche avait le cœur plus espagnol que lîrançais. — Nouvelle erreur dans la comparaison qu'il fait de la régence d'Anne d'Autriche avec
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celle de Marie de Médicis. — Saint-Simon a raison lorsqu'il représente Anne d'Autriche conune dominée par Mazarin. — La supériorité de ce ministre explique et justifie la confiance de la reine. — Lettres d'Anne d'Autriche à Mazarin qui font supposer qu'il existait des relations plus intimes entre la reine et son ministre.
Anne d'Autriche a été presque aussi maltraitée par Saint- Simon que son ministre : il l'accuse d'avoir eu le cœur plus espagnol que français * ; d'avoir été dominée par Mazarin au point de mettre, pour le conserver, la couronne en péril'; enfin il va jusqu'à comparer la régence d*Anne d'Autriche à celle de Marie de Médicis. < Ces deux reines, dit-il \ étrangères d'inclination, et, de principes, fort éloignées des maximes françaises pour le gouvernement et des vues si saines des rois, leurs maris, étaient dominées, Marie par Gonchine ^ et sa femme \ Anne par Mazarin, Italiens de la dernière bassesse et qui ignoraient jusqu'à notre langue*. » Il y a dans ces assertions quelques vérités mêlées à ))eaucoup d'erreurs : il est vrai qu'Anne d'Autriche fut dominée et dirigée par Mazarin ; mais il est faux qu'elle ait eu le cœur plus espagnol que français, et il est souverainement injuste d'assimiler la régence d'Anne d'Autriche à celle de Marie de Médicis; la première fut aussi désastreuse pour la France que la seconde avantageuse. Il est nécessaire de reprendre et de discuter chacune des assertions de Saint-Simon.
Si Anne d'Autriche eût été Espagnole de cœur, comme le
1. Mémoires, t. XIX, p. 378.-2. iWd., t. XII, p. 385.-3. JTbtd., p. 250.