‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 129 sur 328 · Neteu de Mazarin · texte numérisé non relu

Neteu de Mazarin

\, Glaire <:lijmence de Maillé-Brezé, nièce du cardinal de Richelieu et

^me diï UiXiïi de Bourbon, prince de Condé.

toutes ses espérances pour la ruine de Mazarin. Il se mil à Tœuvre avec ardeur et persévérance, et en moins d'un mois, il avait fait de grands progrès, si Ton en croit la lettre suivante, qu'il adressait à Ghavigny, à la date du 6 septembre 1649 * : c Vous êtes à souhait dans la famille de M. le Prince» et ai ses désirs étaient suivis, vous seriez où vous méritez, dans la place où je vous souhaite toujours. Gela peut importuner un philosophe'; mais je n'ai pu m'en retenir. La plus grande nouvelle est le mariage de M. de Mercœur, conclu et arrêté avec la nièce aînée de H. le cardinal. Ge n'est pas une bagatelle, et vous l'avez toujours jugé chose importante. Aussi est-^Ue ressentie par M. le Prince; il en est très-piqué, ayant fait entendre, il y a quelque temps, nettement son aversion à cette affaire. Le cardinal Mazarin est découvert pour le moindre des hommes avec ses mauvaises qualités manifestes à un chacun , et il est méprisé au dernier degré. Les plus sages sont persuadés de sa perte par diverses raisons. Gela va au plus ou moins de temps. Les tireurs d'horoscopes sont fort de cet avis'. »

Il n'est pas inutile de citer le passage suivant tiré de la même lettre; il montre que l'auteur des Mémoires tenait de son père ses hautes prétentions comme duc et pair et son opposition aux princes étrangers qui affectaient un rang su« périeur : « Les ducs et pairs, écrivait Glaude de Saint-Simon à Ghavigny, se sont assemblés pour faire leurs oppositions oooti^e les nouveaux princes prétendus. M. le duc de Scbomberg et moi sommes ies députés pour remontrer à la reine et à MM. les ministres les intérêts du corps. Gela est déjà

1. Dans cette lettre les noms propres sont indiqués par des chiffres. Mais les chiffres ont été traduits, et les interprétations n'ont rien d'arbitraire.

a. L'ancien secrétaire d*Êtat disgracié affectait un dédain philosophique pour les intiigues de cour et les soucis de l'ambition.

3. II ne faut pas oublier que ces lettres de Claude de Saint-Simon forent saisies dans les papiers de Cbavigny après sa mort, arrirée en 1652^ et remises à Mazarin. De là les sentiments hostiles du ministre pour Saint*Simon et la haine que ce dernier conçut contre Mazarin et qu'il transmit à son fils.

fait : nous avons été reçus et écoutés favorablement; la réponse est de même, hormis de M. le Prince qui se trouve engagé pour M. de Bouillon. Mais il est déclaré pour nous contre les autres hautement^ qui sont M. de la Trémoille (Trémouille) et le soi-disant roi d'Angleterre. Nous portons cette affaire fort hautement. Tous les ofGciers de la couronne, comme aussi la noblesse, s'intéressent avec nous en cette affaire, qui nous touche vivement à Thonneur et à tout. Nous faisons grande union et résolution , afin de ne pas endurer cette injure. »

Mais ce n'était là qu'une question secondaire pour Claude de Saint-Simon; l'affaire capitale était le renversement de Mazarin, La lutte déclarée entre le prince de Gondé et ce ministre semblait devoir entraîner la ruine du dernier. Saint-Simon se h&ta d'écrire à Chavigny, le 17 septembre 1649 : « Vous êtes averti comme M. le Prince a rompu hautement avec M. le cardinal pour l'intérêt de M. de Longueville*. Le vrai sujet du chagrin est le mariage', qui est encore différé pour quelques jours. > Mazarin se résigna, pour désarjner le prince de Gondé , à accepter les conditions les plus dures : il signa une déclaration par laquelle il s'engageait à prendre l'avis de ce prince dans toutes les affaires importantes *. Il écrivit sur ses carnets * les pensées suivantes qui devaient probablement être développées dans une conversation avec Gondé ou avec un de ses partisans : « Je tiens pour mes meilleurs amis ceux qui le sont de ^. le Prince. Je me séparerai des miens , s'ils lui déplaisent, et je

1. Le duc de Longuevilie, beau-frère de Ctondé, réclamait plusieurs places du gonveraernent de Normandie^ que la cour ne voulait pas lui abandonner, entre autres Pont-de-rArche.

!2. U s'agit tûujoun du mariage du duo de Merpoeur avec une nièce de Mazarin. Ce mariage fut ajourné, par suite des troubles de la Fronde, jusqu'en 1651.

3. Cette déclaration a été publiée dans les Mémoires de Pierr$ Lenet (édition Michaud et Poujoulat, p. 204 et 205).

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